‹ PlatonChapitre 118 sur 286 · PLaT., Rep., I · texte numérisé non relu

PLaT., Rep., I

5. Spinoza reprendra cette idée et en fera la base de toute sa philosophie; c'est aussi de là que partira Schopenhauer.

et la mesure où le sont les intelligibles. Quant à l’âme, par laquelle il se rapporte au monde, 1] en va différemment. Le monde est un devenir; il se meut sans trève ni repos : c'est là son trait spécifique. Or la série régressive des mouvements ne saurait aller à l’indéfini, il lui faut un premier terme : Platon l’a vu avant Aristote. D'autre part, ce premier terme, étant lui-même en mouvement, ne peut s'expliquer par l’immuable ; il ne devient intelligible qu’à la lumière d’un principe qui « se meut de lui-même » 1. Et ce principe, comme on l’a pu voir, c’est encore Dieu. Il est donc nécessaire que, si l’activité de Dieu est immuable d’un côté, elle soit mobile de l’autre ; 1] est nécessaire que, si sa pensée est un acte, sa spontanéité possède un fond de puissance qui produit sans cesse des effets nouveaux et ne s’épuise jamais : c'est comme une flamme 1intelligente qui pénètre l'univers et porte partout avec elle le mouvement et la vie; le feu dont parle Héraclite, en demeure l’image la plus frappante de ressemblance. On peut avancer encore dans cette voie. Dieu connaît le monde, dont 1] est « le Père » et « le Monarque » : il le pénètre tout entier de son regard scrutateur. Ne faut-il donc pas que la pensée qu'il en a suive pour ainsi dire les contours mobiles de son objet et varie avec lui? Platon, il est vrai, ne nous ἃ rien laissé d’explicite sur cet aspect de sa théologie; mais il me semble qu'elle mène tout droit à cette conclusion. Et pourquoi n'y aurait-il pas un fond de vérité dans cette manière de voir? Pourquoi la liberté, qui

- enveloppe essentiellement de la puissance, ne serait-elle

pas le moyen terme de l'être et du devenir? Est-il done si bien établi que l’acte et la perfection ne font qu'un sur toute la ligne?

Le Dieu qui ἃ formé le monde, est-il unique d’après

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