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génération se fait en vue du tout, afin qu'il vive d'une vie heureuse; que l'univers n'existe pas pour toi, mais que tu existes toi-même pour l’univers... Et si tu murmures, © est faute de savoir comment ton bien propre se rapporte à toi-même et au tout, suivant les lois du devenir universel!, » Ainsi va le monde sous la main du grand chorège : chacun n y reçoit pas la place la plus désirable en elle-même; mais chacun y tient celle qui convient le mieux à l'harmonie de l’ensemble: et, par suite, tout Sy ramène au niveau de la raison, même la souffrance, vu qu'il est éminemment rationnel de souffrir pour la cause de l'ordre.

Mais pourquoi la douleur? Pourquoi les passions fé-

condes en tristesses ? Pourquoi l'erreur, le vice et la mé-

chanceté? Pourquoi le triomphe de l'injustice? Le monde ne serait-il pas meilleur, ne serait-il pas plus rationnel encore, si tous ces maux ne se mettaient partout en vue et sous toutes les formes? D'où peut venir, s'il y a un Dieu, que les choses se passent, et principalement dans la vie morale, comme s'il n'y en avait pas? « Ὁ mon fils, tu te jettes dans l'impiété » pour n'avoir encore qu'une idée inadéquate des choses”. « Dieu est bon »; «et du bien ne peut sortir que le bien » : « Dieu n'est la cause d’aucun mal » ὅ. Le mal, quels que soient sa nature et son degré, n'est qu'un manque d’être : c’est une privation qui tient aux infirmités de la matière. Notre âme provient de l'union d’un principe immortel avec un principe mortel et avec le corps. Lorsque cette union s accomplit, « les cercles de l’âme, comme plongés dans un grand fleuve, ne se laissèrent pas emporter par le cou-

1. PLAT., Lois, X, 899%-904°; — Cf. Gorg., 479%; — Rep., II, 379°-380°. 2. 1d., Ibid., 899-900“.

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