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Ἂς à cet appel : toute sa partie doctrinale tend comme par É. : degrés vers l'affirmation du « Beau » éternel, immuable et parfait, du « Beau » en 801 et par soi (οὐδέ που ὃν ἐν
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τι ἀλλὰ αὐτὸ χαθ᾽ αὑτὸ μεθ᾽ αὑτοῦ μονοειδὲς ἀεὶ ἔν), du « Beau »
dont procède par une sorte de participation la diversité des choses belles (τὰ δὲ ἄλλα πάντα χαλὰ ἐχείνου μετέχοντα...) 1. Or qu'est-ce que ce « beau »? [ὃν ἔντως dont Platon parlera plus tard, le monde des intelligibles ou des idées. Si le Banquet vient après le Protagoras et le Cratyle, il vient par conséquent après le Gorgias et le Ménon. Il ne serait pas mème étonnant que ces divers dialogues, si l'on en excepte le Protagoras, aient été composés dans un intervalle de temps assez court : peut-être se sont-ils échelonnés de l’année 390 à l’année 385. Car, bien que la pensée s’y développe de l’un à l’autre, ils n’en révèlent pas moins, sous des formes différentes, le mème degré de virilité intellectuelle. |
Le Phédon est postérieur au Banquet. 11] en détaille la thèse principale, qui est celle des idées : elle ne s’y montre plus sous forme d’ébauche; l’auteur attribue des idées à toutes choses ?, il en fournit une démonstration nouvelle et plus directe ὃ, il expose au long leurs divers caractères#, il revient maintes fois sur les obstacles que le corps oppose à leur acquisition ὃ, il insiste avec force sur la μετέξις 6. Nous sommes loin ici de l'affirmation brillante, mais sommaire qui termine le discours de Socrate.
. 72e et sqq.
Ibid.
. 65°-66°, 66b-e, 79ac, 84°, 99.
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De plus, la théorie des idées nous est donnée, dans le Banquet, comme une sorte de découverte et qui n'a pas encore de consistance scientifique : Socrate l'apprend de la bouche de Diotime; c’est avec peine qu'il en suit le développement !; la Mantinéenne elle-même va jusqu’à le prier d'y mettre toute l'attention dont il est capable?. Rien de pareil dans le Phédon. Les idées n'y apparaissent pas comme quelque chose de nouveau; elles sont une matière mille fois rebattue, qui n’a plus rien que de familier$. Et c’est avec une étonnante vigueur d’affirmation que Platon s'exprime toutes [65 fois qu'il y touche. On voit abonder alors des formules de ce genre : ὡς ἀληθῶς, τῷ ὄντι, ὡς ἀληθῶς τῷ ὄντι, φαμὲν δὲ τοῦτο εἶναι τὸ ἀληθές ᾿, τοῦτο δὲ ἁπλῶς χαὶ ἀτέχνως rat ἴσως εὐήθως ἔχω παρ᾽ ἐμαυτῷ ὅ. Tout le dialogue d’ailleurs prend un accent de conviction qui n'apparaît que par places au cours des écrits antérieurs.
Le Phédon est aussi plus didactique que le Banquet. Platon y signale longuement le danger que l’on court en ne suivant pas une méthode rigoureuse dans la recherche de la vérité(; 1] y insiste sur les conclusions et s'y résume; 1] en réfère à ses propres ouvrages. Le Ménon est clairement visé à la page 72°-73*. Plus loin, vers la page 100”, l’auteur fait allusion à d’autres dialogues, parmi lesquels 1] est difficile de ne pas reconnaître au moins le Cratyle et le Banquet.
Ce n’est pas non plus un fait insignifiant que l’ac-
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croissement de l'influence Pythagoricienne qui se manifeste dans le Phédon. Non seulement Platon emprunte à l'école de Crotone et de Tarente le fond de sa thèse sur le suicide‘; mais encore il y puise sa théorie de la purification et celle de la métempsycose qui sont comme l'âme de son hymne à l’immortalité. De plus, il choisit deux disciples de Philolaüs, Simmias et Cébès, pour en faire les personnages principaux de son œuvre?. Toutefois, ne faudrait-il pas exagérer l'importance de cette remarque : vu la thèse dominante du Phédon, qui est celle de la vie future, ce dialogue se prêtait mieux que le Banquet aux infiltrations pythagoriques.
W. H. Thompson ἃ fait un rapprochement historique qui est de nature à éclairer la date du Phèdre3.
Isocrate, dans son Panéqgyrique, expose comme 1] suit sa manière d'entendre la rhétorique : ᾿Επειδὴ οἱ λόγοι
τά τε παλαιὰ χαινῶς διελθεῖν χαὶ γεγενημένων ἀρχαίως εἰπεῖν, οὐχέτι φευχτέον ταῦτ᾽ ἐστί, περὶ ὧν ἕτεροι πρότερον εἰρήλασιν, ἀλλ᾽ ἄμεινον ἐχείνων εἰπεῖν πειρατέον 4. A la page 267" du Phèdre, Platon fait avec des expressions analogues la critique de cet art sophistiqué. IL est vrai qu'il y cite le nom de Gorgias, au lieu de celui d’Isocrate lui-même; mais on sait par ailleurs que le premier de ces rhéteurs avait été le maître du second. Le Phèdre serait donc postérieur au Pané-
gyrique d'Isocrate; or ce discours parut en 3805. D'autre