‹ PlatonChapitre 145 sur 286 · Id., Ibid · texte numérisé non relu

Id., Ibid

tous les rapports, si, par exemple, ce n’est pas seulement la chose blanche qui s'écoule, mais encore la blancheur, les objets n'ont jamais ni qualité ni quantité fixes : ils n'en ont par là même d'aucune sorte; et la perception, de quelque nature qu'elle soit, devient chose impossible. Si tout se meut sans cesse et sous tous les rapports, le mouvement ne prend jamais ni vitesse, ni sens, ni direction déterminés : il n’existe pas non plus, et parce qu'il ne saurait exister !. Protagoras fait plus que « bannir l’être ». En bannissant l'être, 1] supprime le phénomène du même coup; son système aboutit, par le relativisme, au nihilisme absolu. Il peut dire aussi bien que Gorgias : « rien n'est »?.

51 la science n’est pas la sensation, elle n’est pas l'opinion non plus. Car, de quelque côté que l’on prenne l'opinion et si bien qu'on l’affine, il n’en sortira jamais que ce qu'elle contient; or, comme elle porte uniquement sur le devenir, elle ne contient et πὸ peut contenir que des sensations.

Mais c'est là un point qu'il convient de mettre dans une lumière plus vive par une comparaison directe des caractères de l'opinion elle-même avec ceux de la science.

Du moment que l'opinion a pour objet la génération, elle garde toujours du confus; la science n’admet aucun mélange d'ombre et de lumière : elle est pure ou n'est pas.

Du moment que les termes de l'opinion renferment de « l'infini », ils ont de « l’inachevé »; et, par suite, les rapports qu'ils fondent sont toujours inexacts par quelque endroit. La science ne comporte que des proportions ri-

Page 1