PLAT., Theæt
2. SEXT., Adv. Math., VII, 66 et sqq.; — De Melisso, 5, 9795, 21 et 544.
3. PLAT., Rep., VI, 510% :... ὡς τὸ δοξαστὸν πρὸς τὸ γνωστόν, οὕτω τὸ ὁμοιωθὲν πρὸς τὸ © ὡμοιώθη.
goureuses, telles que celles de la mathématique et de la musique formelles.
Les termes de l'opinion sont variables. Il faut donc que leurs relations le soiert aussi; et, si telle est leur nature, elles ne peuvent jamais acquérir qu'une généralité relative. La science, au contraire, enveloppe tous les temps et tous les lieux ; son extension ne souffre pas de limite : elle est universelle. Et, pour avoir cette excellence ellemême, elle requiert des synthèses éternellement fixes, fondées à leur tour sur des objets qui le sont également.
Par le fait même que l'opinion renferme essentiellement du variable et de l’indistinct, elle présente toujours quelque danger d’erreur. Par le fait même que la science se fonde sur des liaisons nécessaires et clairement perçues, on peut dire qu’elle est infaillible de sa nature.
Qui dit opinion, dit à la fois mélange, imprécision, contingence et relativité. Qui dit science, groupe autour d’un seul mot les idées d'intuition pure, de proportions parfaites, d’éternité et d’infaillibilité !.
1. 1] est curieux de voir par quels degrés Platon s’est élevé à cette distinction si nette de la science et de l’opinion. Dans le Criton, il discerne des opinions bonnes et des opinions mauvaises; il n’établit encore aucune différence entre l'opinion elle-même et la science (46°-47%, 48%). Dans le Lachès, il affirme déjà que la science (ἐπιστήμη) est indépendante du temps (198d-e). Au cours du Gorgias (482°), il déclare que l'objet de la philosophie est toujours identique à lui-même; et l'on y voit apparaître (454c-e) une distinction entre la πίστις et la μάθησις. Cette distinction s’accentue dans le Ménon (97*-98°), où la science est représentée comme fondée sur des liens immuables, et par là même comme infaillible. Le Banquet la reprend en y ajoutant une idée nouvelle : l'opinion, d’après ce dialogue, est un milieu entre la σοφία et l’äuabix, comme les démons entre Dieu et l'homme (202* ; 203°-204°). Au V° livre de la République (476° et sqq.), la science a pour objet le παντελῶς ὄν ; et l'objet de l'opinion elle-même est un intermédiaire entre cet être achevé et le non-être ou néant. ἃ partir de ce passage, la théorie platonicienne de la science est constituée et se maintient jusqu’au bout.
Ce n’est pas cependant que le langage de Platon soit toujours rigoureux à cet égard. Il emploie parfois le mot δόξα au lieu du mot ἐπιστήμη (V. par ex., Phaædr., 2374e; Politic., 309 ; Lois, 11, 653) ; et la réciproque se produit aussi, bien que moins souvent (Phileb., 55°). Mais ces variantes, familières à l’auteur, ne jettent aucun doute sur sa pensée.
Qu'est-ce donc que la science? la connaissance de l'être qui n'a plus « d’infini », de l’être achevé. Celui-là seul est pleinement intelligible, et parce qu’il est pleinement !. Celui-là seul est entièrement eurythmisé, éternellement identique à lui-même, et se traduit en propositions rigoureuses, invariables, valables pour toutes les portions de l’espace et du temps ?. Celui-là seul, en vertu de sa pureté absolue et de sa fixité, peut fonder une connaissance qui ne se dément jamais. Celui-là seul est objet de science 5,
Par suite, la science ne saurait avoir d'autre sujet ni d'autre agent que l'intelligence elle-même. Car l'être achevé, « l’être réel », échappe essentiellement aux prises de la sensibilité; 1] n'a de rapport qu’à la pensée, qui est née de lui, avec lui et sans jamais en sortir. Le sensible nous arrive par le corps; et c’est vers le corps qu'il nous faut regarder pour le percevoir. Les données de l’opinion sont déjà dans l'âme; mais, puisqu'elles se composent de sensations plus ou moins modifiées, elles ont aussi dans l'organisme leur premier point de départ. L'objet de la science ne vient que de l’âme : elle 16 découvre dans ses profondeurs et l’en tire par cette partie supérieure de sa nature qui est la pensée. Construire la science, c’est se conquérir soi-même et réaliser ainsi son propre idéal.
L'âme, une fois l’être donné, n’en acquiert pas d’un coup la connaissance adéquate; elle s’y élève par deux degrés principaux. D'abord, elle se sert d'images, non comme objet, mais à titre de moyen : elle les emploie, ainsi que font les mathématiciens, pour éveiller en ellemème les idées correspondantes et se diriger dans ses
1. Plat., Rep., V, 477" : to μὲν παντελῶς ὃν παντελῶς γνωστόν.