V. plus haut, p
3. 10%-103*. Tout l’argument que développe Platon en cet endroit, est fondé d’ailleurs sur ce principe.
doit affirmer ce qui n’est pas. Or c'est chose impossible ; car on ne saurait penser le néant, on ne pense que ce qui est. Et, par suite, le principe de contradiction ne signifie rien !.
Platon ne supporte pas cette façon de jouer avec les idées; il relève le gant, et à la manière dont Aristote le fera lui-même un peu plus tard?. Le principe de contradiction est inattaquable, précisément parce qu'il est indémontrable; il faut y voir un de ces faits premiers que leur évidence met au-dessus de toute preuve, et donc au-dessus de toute objection. On se fortifie dans cette conviction inébranlable par nature, en regardant aux conséquences où l’on arrive, lorsqu'on vient à la nier. Si une mème chose peut être et ne pas être au même instant, toutes les opinions se valent, et la vérité ne se distingue plus de l’erreur; toutes nos règles d'action sont également légitimes, et le bien et le mal se confondent. Supprimer le principe de contradiction, c’est tout détruire; et par là même, c'est réduire sa propre pensée au néant : car alors on ne peut plus rien affirmer qu'un autre n’ait le droit de nier. L’attitude du sceptique qui va jusqu’à ce point extrème, c’est l'éternel silence‘.
Le principe de contradiction domine tout, mais d’une manière négative : c'est la condition logique de la réalité. Il en va différemment de celui de raison; son influence est positive et d'ordre dynamique. De plus, il revêt des aspects divers. Considéré par rapport à l'être immuable dont il explique les déterminations, 1] n’a qu’une forme.