‹ PlatonChapitre 15 sur 286 · GOMPERZ, loc. cût., p · texte numérisé non relu

GOMPERZ, loc. cût., p

2, Literarische Fehden, vol. 1, 71-79, Breslau, 1881-1884.

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À 4 fréquence notable n'en est pas moins significative : d’au- 4 tant qu'elle s'accuse même dans les passages où il ne τ: s'agit que de pensées ordinaires, comme la critique de

nr - la rhétorique de Tisias et de Gorgiast.

È On peut fournir d’autres preuves à l'appui du même F, sentiment. Le mythe du Phèdre l'emporte, comme puis- | sance de conception, sur celui du Phédon : 1] ne se borne | plus à la terre; 1] enveloppe le ciel tout entier, y compris | l'hyperciel. De plus, 1l s'y manifeste une plus grande aus- , térité morale : dans le Phédon, les parricides peuvent obtenir leur pardon au bout d’un an de séjour dans l'Hadès?; tandis que, d’après le Phèdre*, aussi bien que d’après la République, leur épreuve est de mille ans. Un autre fait | à mettre en lumière, c'est que le premier de ces trois dialogues, qui contient une enquête si pénétrante et si minutieuse des diverses preuves de la vie future, ne présente nulle trace du principe émis dans le Phèdre, d'après lequel l’âme est éternelle vu qu’elle se meut d'elle-même. Vers la fin du Phédon, l’auteur frôle en quelque sorte cette idée importante à propos de la fixité de l'essence des âmes; 1] ne la formule pas, il n'y fait même aucune allusion. N'est-ce pas un indice sérieux que, à ce moment, 1] ne l'avait pas encore découverte?

On objecte, il est vrai, que, tandis que dans le Phédon les idées sont un sujet depuis longtemps connu, elles nous apparaissent dans le Phèdre comme une nouveauté.

ολμιητέον γὰρ οὖν τό γε ἀληθὲς εἰπεῖν, s’écrie Socrate, ἄλλως τε nai περὶ τῆς ἀληθείας λέγοντα 6; puis, vient la 465-᾿

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cription des idées. Mais ces paroles si vives ne sont proba-

blement qu’une vaillante réplique aux objections qu'avait dû provoquer dans la société athénienne la puissante or1ginalité du système Platonicien.

De ces quelques remarques découle une conséquence nouvelle relativement au Phédon. Si le raisonnement tiré de Thompson est fondé et que par ailleurs ce dialogue ait paru avant le Phèdre, la date de sa composition se précise : Platon a ἀὰ l'écrire entre 385 et 378.

Quelle place convient-il d'assigner à la République? C’estune question complexe et qu'il faut diviser.

Le premier livre de ce long et capital dialogue remonte encore à la jeunesse de Platon. La réfutation qu’il y fait de la notion Simonidique de la Justice ! est toute socratique *? : c'est celle des Mémorables. 1 n’y a que des puérilités dans la critique de l’essai de définition qui suit et d’après lequel la justice consiste « à faire du bien à ses amis et du mal à ses ennemis ». Le rôle du juste, nous dit-on dans cet endroit, se borne à conserver les objets dont nous ne nous servons plus ; car, lorsqu'il s’agit de s’en servir, ce n'est pas à lui qu'on s'adresse, c’est à ceux qui en ont appris l'usage : par exemple, on va chez le médecin pour l’art de manier les instruments de médecine, chez [6 pilote pour la conduite des navires et chez le maitre d'armes

pour l'escrime. Maïs dire que le juste ne sert qu’à conserver ce quinesert plus, c’est avouer qu'il ne sert à rien. D'autre part, si le juste sait conserver, il sait par là même faire le contraire : il sait dérober ; c’est donc un fripon*. Bien plus, comme 1] arrive que l’on prend pour injustes ceux qui ne le sont pas, il résulte que la justice consiste à

yat τσ ΠΣ ᾿ς Υ͂ ᾿ Αἴ νει ὡς ὴ * {πη ον

faire du mal aux honnêtes gens !. Platon s'élève ensuite, et comme d'un coup d’aile, jusqu'à la conception d'une justice qui s'étend aux ennemis aussi bien qu'aux amis, aux barbares aussi bien qu'aux Grecs : il affirme l’universalité de cette vertu ?, comme il le fait d’ailleurs dans le Criton ὃ. Mais 1l ne tarde pas à retomber dans certaines arguties qui sont aussi vaines que subtiles. C’est le juste qui fait preuve d'intelligence, et l’injuste de sottise ; vu que l’un ne cherche à l'emporter quesur son contraire, tandis que l’autre dont le désir n’a pas la pensée pour règle, veut l'emporter en même temps et sur son contraire et sur son semblable *.

L'impression quise dégage de cette singulière éristique, c’est que l'on ne se tromperait pas de beaucoup en plaçant le premier livre de la République à côté de l’Hippias majeur, tout au plus à côté du Protagoras qu'il semble d’ailleurs rappeler par sa conclusion : on y dit de part et d'autre que le moyen de résoudre la question posée, c'est de chercher d’abord en quoi consiste la vertu ὃ.

Ce résultat se confirme à la lumière de la stylométrie. I ny ἃ dans le premier livre de la République que des ὥσπερ, et qu'un τῷ ὄντι sur 6 ὡς ἀληθῶς; on n'y trouve encore nl ἀληθῶς ni ὄντως NI τε OU τε... τε.

Le second livre présente un caractère très différent. La morale de la force y est défendue par Glaucon, puis par Adimante, avec une puissance de pénétration et une ampleur toutes nouvelles. C’est là que se trouvent le portrait du méchant et celui dujuste, qui sont demeurés si célèbres. Platon ne songe plus d'ailleurs, en face de cette attaque de fond, à se rabattre sur les subtilités du premier livre ;

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