‹ PlatonChapitre 211 sur 286 · NII · texte numérisé non relu

NII

noter : « le ridicule, dit-il, nous 4146 à distinguer le bien; en chaque chose, 1l faut connaitre son contraire, si l’on veut se former le jugement » 1.

Mais ces diverses concessions ne signifient point que Platon renonce au passé. Il maintient en principe tout ce qu'il a dit dans la République. S'il incline 10] vers l'indulgence, c'est à cause du but pratique qu'il poursuit, c'est que les Lois sont faites pour des hommes, non plus pour des dieux ou des enfants de dieux.

Aristote est plus et moins sévère tout à la fois : 1] combat le mode phrygien comme amollissant et voit dans la tragédie un principe de purification?. Mais le maître et le disciple sont d'accord pour affirmer que l’art n’a pas le droit d'être immoral ; et ils ont raison. Le devoir est universel et ne fait pas d’acception de personne; il englobe les créations esthétiques au même titre que les autres actions. Et par conséquent l'artiste n’a pas 16 droit de s’ériger en franc-tireur dans le royaume des esprits. La chose, il est vrai, produit moins de gène qu'on ne serait tenté de le croire ; car le beau, dans sa plénitude, est toujours bon.

Quels rapports y a-t-il entre la morale et la religion ? C’est un sujet complexe à l'égard duquel Platon a varié son attitude, suivant le point de vue auquel 1] s’est placé.

Conformément à l'esprit des vieux physiciens, particulièrement de Xénophane, ilcritique sévèrement la religion traditionnelle. Ce n’est pas qu’à ses yeux, elle ne contienne des idées profondes et bienfaisantes. Mais ces idées ont

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