MAP MATE
EN CTÉ. 309
l'affection, les encouragements, un heureux choix d’exercices : voilà les principaux stimulants de l'éducation; la contrainte n'y peut avoir qu’un rôle secondaire.
Il importe aussi de procéder par degrés, en suivant la nature elle-même. La première tâche qui s'impose à cet égard, est de faire naître par la pratique tout un ensemble de bonnes habitudes; c’est de plier la machine *. Puis, on éclaire l'esprit et de plus en plus, à mesure que la personnalité de l'élève se développe et s'affermit*.
Enfin, pour que ces divers moyens acquièrent toute leur efficace, 1l convient de préparer aux âmes comme «un milieu hygiénique ». On leur crée une sorte d’atmosphère morale où rien ne vienne ni les ternir ni les affaiblir, qui les pénètre sans cesse d’une saine et forte influence et s y traduise à leur insu par un amour croissant du beau‘.
On voit que Platon adéjà une idée assez nette des principes dominants de l’éducation. Il y ajoute un programme dont la substance est traditionnelle, mais où tout se précise et se transforme.
Il distingue deux espèces d'enseignements, dont l’un est primaire et l’autre supérieur : à savoir la chorée* et la dialectique. Or cette distinction était devenue nécessaire, il est vrai; elle correspondait au développement des esprits. On peut dire également que les sophistes l’avalent préparée. Mais Platon est le premier qui l'ait faite d'une manière formelle.
1. PLAT., Lois, 1, 643b-4, Les textes de Platon sont d’ailleurs tout pleins de cet esprit de bonté.
2. Platon n’a pas commencé par croire à la nécessité de plier d’abord la machine. Nous donnons ici la forme définitive de sa pensée.
3. PLAT., Rep., 11], 401“, 402“: VII, 518°-519°; — Lois, II, 653b-c.