‹ PlatonChapitre 238 sur 286 · Il, 377%-III, 410c · texte numérisé non relu

Il, 377%-III, 410c

boureurs et des artisans, on n'en tire nul souci!: la nature doit leur suffire. Dans les Lois, la dialectique ἃ disparu ; on n'y parle plus que de l’enseignement secondaire, et tout le monde le reçoit à l'exception des esclaves, D'après l'un et l’autre dialogues, les femmes, à quelques différences près, ont la même éducation que les guerriers, y compris la lutte et les exercices militaires : c'est là une thèse que Platon défend d'un bout à l’autre de sa longue existence. Il la croit conforme aux lois de la physiologie, il en juge l'application avantageuse et presque indispensable. Une différence de sexe ne constitue pas une différence de nature; tout au plus se traduit-elle par un degré de force en moins. Est-ce que les chiennes ne chassent pas comme les chiens? Dès lors, pourquoi les femmes se borneraient-elles à filer de la laine ?? Et si elles sont capables dans une certaine mesure de supporter les mêmes exercices et les mêmes fatigues que les hommes, il ne reste qu’à les y contraindre pour le plus grand bien de tous. Supposé que les citoyens soient obligés de courir vers la frontière, elles veilleront à la sûreté de leurs enfants et du reste de la ville; et si tout le monde se voit dans la nécessité de défendre ses propres foyers, elles soutiendront les guerriers de leur présence et lutteront à côté d'eux, « comme nous voyons les oiseaux combattre pour leurs petits contre les animaux les plus féroces » #. Quel danger n’y a-t-1l pas d’ailleurs à laisser les femmes sous leurs toits, suivant l'usage des orientaux et des Spartiates eux-mêmes? Elles s’y corrompent à force d'oisiveté et deviennent ainsi la ruine

1. C'est ce que supposent tous les développements que Platon fournit sur l'éducation dans sa République.

2. PLaT., Rep., V,451° et sqq.; — Lois, VII, 804%-805*; Cf. Ibid., VI, 785".

Page 1