‹ PlatonChapitre 24 sur 286 · ADR · texte numérisé non relu

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dialogues dialectiques; tout y est sec, monotone, éteint, comme chez un scolastique décadent. De plus, la dissection logique y va si loin que le discours tout entier s’en émiette Jusqu'à devenir comme une poussière sidérale. On y rencontre aussi des obscurités impénétrables, voire même de grossières ambiguités d’où ne sortent pas moins les plus graves conséquences. Par exemple, de ce que l’un est simple au point de n'avoir ni limite initiale ni limite finale, l’auteur conclut qu'il est infini, de ce que l'un « n'est en rien », on doit inférer à son sens qu'il « n'est jamais dans le même lieu »; il va jusqu'à dire que le tout ne peut être dans l'ensemble de ses parties, vu qu'il n’est dans aucune d'elles. Je ne sache pas que « l’Homère de la philosophie » ait jamais donné, au moins à partir de son âge mür, des preuves d’une subtilité si persévéramment accablante, ni d’un tel défaut de netteté et de rectitude dans l’argumentation.

La manière du Parménide n’est pas celle de Platon. Et l'on en peut dire autant de sa doctrine. Quand Parménide parle à Socrate de l’idée de poil, de boue, la peur du ridicule lui fait dire : « attribuer une idée à ces objets serait peut-être par trop risible ; 115 ne sont rien de plus que ce que nous voyons ». Et cependant nous savons par ailleurs qu'aux yeux de Platon il y avait des idées de toutes choses !, excepté des ouvrages d’art?; encore n’en vint-il que sur le tard à cette restriction ἃ. D'après le Par-

ménide, « ce qui est en nous ne se rapporte pas aux

idées, ni les idées à nous ». Par suite, nous pouvons

connaître les choses sensibles : La δόξα est de notre ressort. Mais nous n'avons aucun moyen de nous élever jus-

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