PAR CS
3. V. plus haut, p. 300; — Polilic., 2924-297b; — Lois, IX, 875c-4 . V. plus haut, p. 319-320.
d'un seul, vu que le sage, étant la personnification de la pensée, agit infailliblement pour le meilleur !. Mais le sage n'existe pas ou presque pas. Saturne s’est retiré pour toujours dans « un coin du firmament »; et « les cités que gouverne un simple mortel, ne sauraient être ἴ à l'abri de toute atteinte du mal et de la souffrance »?, Pratiquement, 1] est mauvais d'abandonner à la volonté d’un seul la destinée de tous. « Supposé qu'un homme devienne maître absolu dans l’État, il lui sera impossible « de maintenir pendant sa vie entière la prédominance du bien public sur le bien personnel. La nature mortelle le poussera toujours à posséder plus que les autres et par là mème à rechercher son intérêt propre, vu qu’elle fuit la douleur et poursuit le plaisir sans règle ni mesure. Elle 165 mettra l’un et l’autre bien au-dessus du juste et du 1
meilleur; et, s’aveuglant elle-même, elle finira par se 4 précipiter, avec l’État qu’elle gouverne, dans un abime de malheurs » ?. Il n’est pas moins dangereux de confier … »
la chose publique au bon vouloir d’un groupe ou de l’en- | semble des citoyens. Car les hommes ne deviennent pas | meilleurs pour s'être unis, quand ils n’ont d'autre règle | que leur caprice ; ils n’en font souvent que poursuivre leurs propres intérêts avec plus de force et d’insolence‘.
1. PLAT., Rep., V, 478" et sqq.; VI, 484°-487* ; — Polilic., 296%-297° ; — Lois, ΙΧ, 875c-4, |
2. Id., Lois, AV, 713»e; — Cf. Polilic., 301c-. 1 3. Id., Lois, IX, 875b-c; — Cf. Polilic., 8008. Quelle différence entre | l'enthousiasme de la République à l'endroit du sage et le pessimisme qui, 4
après être éclos dans le Politique, s'affermit dansles Lois ! si la doctrine est restée substantiellement identique, les dispositions morales ont bien changé ; Platon a tourné au triste.
4. Id., Politic., 2925 : μῶν οὖν δοχεῖ πλῆθός γε ἐν πόλει ταύτην τὴν ἐπιστήμην (celle qui produit la compétence et la sagesse) δυνατὸν εἶναι χτήσασθαι ; --χαὶ πῶς; — ἀλλ᾽ ἄρα ἐν χιλιάνδρῳ πόλει δυνατὸν ἕχαστόν τινας ἢ χαὶ πεντήχοντα αὐτὴν ἱχανῶς χτήσασθαι. --- ῥάστη μέντ᾽ ἂν οὕτω γ᾽ εἴη πασῶν τῶν τέχνων.... — Cf. Ibid., 297", 3002-301*; — Lois, VII, 832c-4 (dans ce passage, le mot δημοχρατία désigne sans nul doute la démocratie débridée ou démagogie; s'il si-
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Si telle est la déchéance de la nature humaine, si rien ne peut, au moins en général, nous tirer de la caverne à la lumière, il n’existe plus qu'une ressource, c’est d'assurer l'ordre par la loi. « Elle na qu'une valeur relative », comme on l’a déjà remarqué; son influence reste inférieure, et par plus d’un point, à celle qu'exercerait le vrai sage. Mais, en fait, c'est la seule forme sous laquelle la raison puisse pénétrer dans la vie sociale.
Du même coup se trouvent exclues et la tyrannie et la |!
démagogie et l’oligarchie. Car ces formes politiques sont, par définition, privées de la vertu restrictive et directrice de la loi. Mais c’est surtout contre le premier de ces régimes que Platon s'élève avec indignation. Il en montre déjà dans le Gorgias le caractère odieux et la funeste influence *: il y revient dans la République, le Théétètef, le Politique 5 et les Lois. À ses yeux, c’est la négation de la justice et de l’amitié, ces deux principes fondamentaux de toute vie sociale ; c’est l'effacement systématique de tout ce qu'il y ἃ de fort et de généreux dans l'État; cest par là même une source perpétuelle de délations, d'exactions, de discordes et d’émeutes sanglantes. Et plus il va, plus 1l avance en âge, plus sa haine s’avive et s’accroit. « Nous excluons la tyrannie, s’écrie-t-1l à la fin, du nombre des formes politiques 7. »
Bien que modérée par des lois, la démocratie est également traitée avec beaucoup de rigueur. Ces lois, c’est le peuple qui les fait. Or le peuple n'a point la science
gnifie démocratie légale, c'est que, par sa nature même, cette forme politique conduit fatalement à la démagogie).