Parmen
2. PLAT., Theæt., 180%, 183°; — Soph., 217°, 237*, 2417, 242%, 258c-d,
que, quelque hypothèse que l’on admette, l’un et les autres choses « sont absolument tout et ne le sont pas, le paraissent et ne le paraissent pas ».
Que l’on considère d’ailleurs la fortune du Parménide à travers l’histoire; et l’on y discernera d’autres indices de son inauthenticité. Aristote qui a eu cent occasions diverses d'en parler, n’y fait nulle allusion. Même silence chez les autres auteurs jusqu’au 1v° siècle. ILest mentionné pour la première fois dans le catalogue de Trasylle, dont la valeur critique est sujette à caution ; il n’est cité nulle part avant le temps de Plutarque et d’Aulu-Gellei.
Il semble donc que Stallbaum, A. Fouillée et Lutoslawski aient fait fausse route à l'endroit du Parménide®?. C'est se méprendre surtout que de chercher dans ce dialogue le secret de la véritable pensée de Platon, ou l’aveu de son renoncement à la théorie des idéesi.
Le Philèbe se rattache par sa manière au Sophiste et au Politique : c’est de part et d'autre le même genre de diction et la même allure didactique. Il s’y rattache éga-
lement par les particularités de son style : les ὡς ἀληθῶς et les τῷ ὄντι ont disparu; on y trouve 26 χαθάπερ sur 10 ὥσπερ, 6 ἀληθῶς, 14 ἔντως et 11 τε οὐ τε... τε. Il contient de
plus 5 τὸ γε μὴν, tandis que le Politique en ἃ 6; et cette coïncidence est à noter, car ces deux dialogues sont les
1. V., sur ce point tant de fois discuté, la thèse judicieuse et pénétrante de Cu. Huit, De l'authenticité du Parménide, pp. 147-148, Paris, 1873. Elle est d’ailleurs à lire tout entière.
2. Il est possible que le Parménide ait été composé par un élève de l'Académie et joint à la bibliothèque de Platon, peut-être avec l'autorisation du maître. V. sur ce point Cu. Huir (La vie et l'œuvre de Platon, 1, 379-380).
3. Et quand même le Parménide serait de Platon, on n’en pourrait conclure qu'il y a passé à une conception nouvelle des idées. Dans ce cas, ce dialogue n'aurait qu’un but, celui d’écarter la notion des idées et celle de l’un que Platon n'admet pas.
seuls où cette formule revienne en si peu d'espace un aussi grand nombre de fois {.
Il y ἃ même lieu de croire que le Phrlèbe est postérieur au Politique. Le Pythagorisme y gagne en influence: les idées y deviennent des « énades » ? et des « monades »; à propos de l'analyse du πέρας, elles nous sont présentées comme des proportions numériques #. On n’a rien vu de pareil dans les ouvrages antérieurs : manifestement, nous approchons 101 du terme final. De plus, Platon, dans ce dialogue, parle de sa méthode comme d’un art « dont il a toujours été l'amant, bien qu'elle l'ait plusieurs fois abandonné et laissé sans ressources » 5; etil se plaît à déerire l'enthousiasme qu'elle provoque chez les jeunes gens qui sont capables d’en sentir le prix 6. Le Politique ne le prend pas encore sur ce ton, lorsqu'il s’agit de l’exposition de la dialectique ; il ne s’y mèle pas de ces allusions au passé. Il est à remarquer aussi que l'analyse de la sensation est poussée beaucoup plus loin dans le Philèbe ? que dans les dialogues dont on ἃ déjà parlé, et que le terme de μέτριον si longuement expliqué dans le Politique s'emploie ici d'une manière courante $.
Les Lois sont l’un des trois derniers ouvrages de Platon. La mort l’'empèécha d'y donner la suprème retouche. C’est ce que nous attestent à la fois Diogène de Laërce ὃ,