‹ PlatonChapitre 28 sur 286 · VII · texte numérisé non relu

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: LES DIALOGUES. 5 js:

il revient à différentes reprises sur les mêmes idées et se justifie en observant que « le juste est beau, et deux ou trois fois » : Καλὸν δὲ τό γε ὀρθὸν χαὶ δὶς nat τρίς !. Ses interlocuteurs ne discutent pas contre lui; cest assez pour eux de l'entendre, puis de l’interroger avec respect afin de savoir toute sa pensée. Il est plus qu'un homme, à leurs yeux, avec cette majesté que donnent à son visage Île prestige des années et l'éclat du génie. « Je ne voudrais pas t’appeler Athénien, lui dit Clinias; tu me sembles plutôt digne d’un nom divin ?. » Toutle dialogue a d’ailleurs cette fluidité, cette abondance et cet abandon qui caractérisent la causerie des vieillards; tout y révèle cette connaissance profonde de l'homme * et cette sympathie mêlée de pitié qu'inspire aux grandes âmes une longue expérience de la vie. Ce n’est pas cependant qu'il soit inférieur aux autres par la vigueur de l'affirmation. On peut dire, au contraire, qu'aucun ouvrage de Platon ne montre autant d'énergie dogmatique et d'austérité morale que les Lois #. La conviction y va jusqu’à l'enthousiasme : c'est une sorte d’hymne politique 5.

Ce dialogue l'emporte également sur les autres par certains points de doctrine. La psychologie en est plus expérimentale, comme le prouve assez bien la première partie du septième livre, qui traite de l'éducation des enfants; c'est ce que l’on voit aussi par l’importance que prend l'élément passionnel au livre IX° : Platon y distingue, outre les fautes d'ignorance, celles qui procè-

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