‹ PlatonChapitre 43 sur 286 · Id., Phæd · texte numérisé non relu

Id., Phæd

passé si lointain? Α quels documents recourir pour retrouver les formes qu'a revêtues la grandeur de nos premiers pères? elles ont disparu pour toujours dans le gouffre de l’inévitable oubli 1.

Même à l'heure actuelle, et dans la partie du devenir qui tombe sous notre observation, il se produit une foule de phénomènes que nous percevons seulement du dehors, dont le fond nous échappe et qui ne peuvent être que l’objet d’une connaissance analogique?. La musique, par exemple, exerce sur les âmes « amies des muses » une sorte d'action élévatrice qui les purifie de leurs passions, eurythmise leurs diverses puissances et en fait à la longue comme des êtres spirituels et divins; qui saura jamais, de science précise, comment s'opère cette conversion tout intérieure, cette descente du « fini » dans « l'infini », cette domination progressive du principe « terrestre » par le céleste?

Le mythe, voilà le mode qu’il convient de donner aux faits de ce genre. Puisque nous ne les connaissons assez ni pour les peindre ni pour en déduire les caractères réels, il ne reste qu à les incarner dans une légende qui soit le plus vraisemblable possible. Le mythe n'est donc pas un discours entièrement vide“. Bien que nécessairement symbolique et inexact”, 1] renferme une âme de vérité6; et, à ce titre, il est digne de foi’ :

1. PLaT., Prolag., 320° et sqq.; — Politic., 268° et sqq.; — Lois, IV, 718» et sqq. ; — Tim., 20° et sqq.; — Crili., 109" et sqq.

2. Id., Phædr., 25994; — Bang., 203* et sqq.; — Rep. VII, 514* et sqq.

3. 1d., Phæd., 114% : ὅτι μέντοι ἢ ταῦτ᾽ ἐστὶν ἢ τοιαῦτ᾽ ἄττα περὶ τὰς ψυχὰς ἡμῶν nai τὰς οἰχήσεις, ἐπείπερ ἀθάνατόν γε à ψυχὴ φαίνεται οὖσα, τοῦτο χαὶ πρέπειν μοι δοχεῖ nai ἄξιον κινδυνεῦσαι οἰομένῳ οὕτως ἔχειν; — Rep., Il,

4, Id., Phædr., 265° : ... χεράσαντες οὐ παντάπασιν ἀπίθανον λόγον...

Page 1