‹ PlatonChapitre 51 sur 286 · de · texte numérisé non relu

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Ars

La conclusion probable, c'est que, dans son enseignement, il a dialogué le plus possible, sauf à recourir au discours quand le sujet ou les circonstances lui en faisaient une nécessité !.

Il paraît également probable que c’est à son enseignement, non à ses écrits, que Platon a toujours ajouté le plus d'importance. Il semble toutefois que sa pensée sur ce point se soit un peu modifiée avec l’âge. De l’année 390 à l’année 380 ou 378, sa fécondité est surprenante. Il publie sans relâche : c'est durant ce court espace de temps qu'il compose ses œuvres les plus considérables et les plus brillantes, si l’on en excepte le Timée et les Lois. Puis, ce bel entrain se calme tout à coup; il se tait pendant dix ou douze ans; et, dans la suite, ce n’est plus qu'à de longs intervalles qu’il s’adresse au public : il met près de quarante ans à produire le reste de ses dialogues. Il y ἃ là, semble-t-1l, un fait significatif. L'impression qui en résulte est que Platon a d’abord attribué une très grande efficacité aux écrits et qu'ensuite il est revenu de cette première idée pour accorder une place beaucoup plus large à l'enseignement oral.

Cette impression se confirme, lorsqu'on essaie de définir l’idée que Platon se fait des livres, à partir du Phèdre, le dernier anneau de la série qui se déroule entre les années 390 et 378. D'après ce dialogue, les livres ne répondent pas; ils sont muets comme des peintures. Ils ne se défendent pas d'eux-mêmes contre ceux qui les attaquent; ils ne peuvent non plus produire la lumière chez ceux qui les lisent avec bienveillance, car 1] y faudrait des explications qu'ils ne fournissent pas. Les livres ne sont utiles qu'autant que leur père leur vient en aide?.

1. V. sur ce point En. ZELLER (loc. cil., p. 416-417); sa conclusion nous semble très sage.

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