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bien » revêt encore un aspect plus mathématique : 1] devient « l'un », comme nous le dit Aristote. Mais cet « un » n'est jamais simplement numérique; il garde son contenu, ainsi que les jetons dont les Grecs se servaient dans leurs jeux : il enveloppe toujours de la qualité 1. La pensée de Platon est allée se précisant de plus en plus; elle ne s'est point reniée elle-même.
Pourquoi recourir à « l'idée du bien, » lorsqu'il s’agit d'expliquer la perfection de la cause première ? C’est là, me semble-t-il, que nous touchons à la pensée qui inspire et compénètre toute la philosophie Platonicienne. L’être est, parce quil est meilleur qu'il soit; et 1] est parfait, pour la même raison. D'autre part, ce meilleur, ce bien originel n'a pas une valeur simplement métaphysique. Il est « la mesure » des choses, le principe suprême de l’ordre qui s’y révèle; à son tour, l'ordre est bon, parce qu'il satisfait toutes les aspirations des « vivants » et devient ainsi la source du bonheur *. Aussi Platon dit-il du « bien » qu'il est, au sens causal, « la partie la plus heureuse de l'être »*°. Le dernier mot de sa philosophie, c'est la moralité. Il ἃ magnifiquement étendu et approfondi la pensée de son maitre : 1] l’a fait remonter au
ciel, et même au delà; il n’en est point sorti.
Par contre, il existe au moins une différence irréductible entre l’idée que Platon s’est faite de la cause première et celle que l’on trouve chez Aristote. D’après le disciple, c’est la pensée qu'il faut placer à l’origine des choses. Au gré du maître, c'est « le bien »; la pensée