‹ PlatonChapitre 74 sur 286 · VII · texte numérisé non relu

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dés pour préparer ses compagnons de route à l'intelligence

du sujet qui va se débattre. Il les encourage en leur pro-

mettant de donner à sa pensée ce tour facile et lumineux

qui plait au commun des hommes"; il hésite en face de

la question posée, afin d’exciter leur désir et leur atten-

tion? ; puis, 1l change tout à coup la marche du dialogue :

au lieu de les interroger, 1] se met à parler en leur pro-

pre nom, bien convaincu qu'ils ont l'esprit trop inexercé pour lui répondre ?.

Manifestement, ni Mégille Le spartiate, ni Clinias le crétois ne sont faits pour suivre jusqu’au bout les méandres de la dialectique : Platon, en introduisant de tels personnages dans ses Lois, s’est réduit à l'impossibilité d'y retracer les grandes lignes de son idéologie.

Ce n’est pas qu'il n'en tienne plus aucun compte. « Invisible dans ses paroles, elle est toujours présente à sa pensée » ὁ. On peut la considérer comme l'arrière-plan des Lors.

Il exprime en plusieurs passages le besoin de ramener le divers à l’un, de chercher la définition des choses (ὁ τί ποτ᾿ ἔστι) et d'en discerner l'essence (οὐσίαν). Cet art lui parait rigoureux et souverainement efficace : 1] va jusqu'à dire qu'il est « divin » 5. Oril ne laisse entendre nulle part que ces expressions aient une signification purement formelle. C'est donc qu'il les comprend comme par le passé : cest que les définitions et Les essences sont encore à ses yeux des réalités éternelles et subsistantes. Toute autre conclusion ne peut être qu’un abus de logique. On n’a

4. V. BrocHARD, Les « Lois » de Platon et la théorie des idées (L’Année philosophique, 1902, pp. 1 et sqq.).

5. II, 6685: IV, 7189 : où πάνυ ῥάδιον ἐν ἑνὶ περιλαθόντα εἰπεῖν αὐτὰ οἷόν τινι τύπῳ; — 1δῖα., XII, 965° et 544.

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