‹ Platon JurisconsulteChapitre 17 sur 29 · IX · texte numérisé non relu

IX

(1) Platon reproduit ici le droit commun de toute là Grèce. A Athènes la main du suicidé était enterrée loin du COTps.

Les coups et blessures n’ayant pas entraîné la mort, Tpaluate, et les mauvais traitements sont également l'objet de nombreuses dispositions établies suivant les mêmes distinctions que les meurtres. Platon n’étudiera que certains cas, laissant aux tribunaux la solution des autres. « Si quelqu'un, ayant conçu le projet de tuer un citoyen, manque son coup et ne fait que le blesser, il ne mérite pas plus de compassion que s’il avait tué réellement, et l’on pourrait l’accuser en justice comme meurtrier (1). Néanmoins, par égard pour le génie qui a eu pitié de lui et du blessé et afin de ne pas mettre d'opposition à son bienfait, nous ferons grâce au coupable de la mort, le condamnant seulement à aller vivre dans quelque autre cité voisine en lui laissant la jouissance de son bien. De plus il indemnisera le blessé suivant l'estimation du tribunal. Ce dernier sera le même qu'en cas de meurtre. « Si un enfant blesse son père ou sa mère, ou un esclave son maître, de dessein prémédité, ils seront punis de mort. IL y aura aussi peine de mort contre celui qui aurait blessé son frère ou sa sœur dans les mêmes conditions. Le conjoint qui blessera son conjoint avec l'intention de s’en défaire sera banni à perpétuité. » (IX 436, 437).

& Quiconque sera convaincu d'avoir blessé quelqu'un par colère paiera le double du dommage ; si la blessure est sans remède, il paiera le quadruple. Il en sera de même

si la cicatrice rend difforme et expose la victime à la

(1) C’est ce que décidait la loi athénienne, où la tentative était

punie comme le meurtre réalisé.

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l'Etat, il dressera une tente au bord de l'eau de façon à avoir les pieds dans la mer en attendant une occasion de s’embarquer. S'il était ramené de vive force, le premier magistrat entre les mains duquel il tombera le mettra en liberté et le relèguera sans lui faire aucun mal hors des limites de l'Etat. » (IX 429, 430).

Platon envisage ensuite le cas de crime commis par un

inconscient (1) : « On le condamnerà à la simple réparation du dommage causé, en lui faisant grâce de tous les autres châtiments. d’excepte le cas d’homicide où l’auteur s'est souillé les mains par l'effusion du sang : on l'obligera à quitter le pays pendant un an. S'il revient avant le terme fixé, s'il met le pied sur sa terre natale, il sera condamné par les gardiens des lois à deux ans de prison publique. » (IX 429). F)

Si l'auteur de la mort est un animal « les plus proches parents du défunt porteront l'affaire devant les juges sauf si l'accident était arrivé dans les jeux publics. Ces juges, choisis par les parents parmi tes agronomes en tel nombre qu'il leur plaira, examineront le cas ; l'anima! coupable sera tué et jeté hors des limites de l'Etat (2). » (IX 435).

« Si une chose inanimée (j'excepte la foudre et les autres traits lancés par la main des dieux) Ôte la vie à un one soit par sa propre chute soit par celle de l'homme, le plus

(1) Aïlleurs Platon prescrit aux familles de garder les fous à 1 maison sous peine d’une amende de cent drachmes à deux cinquiè: mes de mine suivant la classe.

(2) La loi de Moïse contient des disposilions semblables,

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proche parent du mort prendra pour juge un de ses voisins et se justificra ainsi que sa famille. La chose sera jetée hors du territoire (1). » (IX 435).

Mais il peut se faire qu'un individu soit trouvé mort sans que l’on connaisse le meurtrier : « On fera alors les mêmes significations que dans les autres cas ; on lancera l'accusation du meurtre et après le prononcé dela fsentence, un héraut publiera sur la place publique que le coupable ait à s'abstenir de fréquenter les lieux sacrés et à quitter le pays sous peine, s’il vient à être découvert, d'être mis à mort et jeté sans sépulture hors des limites

de la patrie du défunt. » (IX 435). y

ixaminons maintenant les excuses qu'un meurtrier peut invoquer. Nous avons vu que la légitime défense n'existe pas lorsqu'on est attaqué par ses parents. Voici les autres cas qui peuvent se présenter : « Si dans un combat occasionné par une sédition un frère tue son frère pour se défendre, il sera déciaré innocent comme s'il avait Es

tué un ennemi. Il en sera de même à l'égard du citoyen ou de l'étranger qui tuerait en pareil cas un autre citoyen ou up autre étranger ; de même si le citoyen tue un étranger, ou l'étranger un citoyen, ou un esclave un autre esclave, dans les mêmes circonstances. Mais si un esclave tue une personne libre en se défendant contre elle, on

lui appliquera les mêmes règles qu'au parricide : si celui

(x) À Athènes le procès était jugé par l’'archonte-roi assisté des quatre œuloéacueis réunis au prytanée, L'objet condamné était Jjelé

hors du territoire,

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