‹ Platon [microform]Chapitre 105 sur 287 · PLAT., Tim., 53°-55e · texte numérisé non relu

PLAT., Tim., 53°-55e

4. ARIST., De CœL., Γ, 1, 298", 33; 7-8, 305*-307° ; — De gener. et corr., A, 2, 3150, 30; B, 1, 829", 21 et sqq.; — ALEx. Aphr., Quæst. nat., II, ιγ΄, éd. L. Spengel, Monach., 1842.

conque », qui, par leur assemblage, formeraient « un intérieur complètement vide » ; car 1] n’y a pas de vide, d’après Platon. Pour comprendre les triangles originels, il faut se reporter à la notion du « fini », dont elles sont un aspect. Ils apparaissent alors comme des formes irréductibles de la matière; ce sont des moules de nature intelligible, qui demeurent à travers le flux du devenir et lui donnent sa mesure *.

Quoi qu’il en soit de ce problème ardu, les particules élémentaires des corps demeurent imperceptibles. « Il faut les concevoir dans une telle petitesse, que, quelle que soit l'espèce dont elles relèvent, nous ne pouvons les discerner une à une 5. » La raison les devine; l’imagination se les représente ; les sens ne les atteignent pas. Pour qui sait envisager les choses du point de vue de l’entendement, le monde se compose de rubis dont le dessin varie d’après

une loi fixe; c'est comme un palais d’'émeraudes tout irisé

de lumière et habité par des dieux.

Ce temple de la beauté est éternel : 1] a toujours existé et 1] existera toujours, image mouvante mais impérissable de l’immobile vérité. Le monde est le meilleur possible. Or, pour avoir cette excellence, ce n’est pas assez qu'il

1. Marin (Tu. H.), Études sur le Timée de Plat., p. 241, Paris, 1841.

2. Cette conception résulte de l’idée que Platon se fait du « fini » : c’est toujours une mesure, une proportion de « l'infini » (V. plus haut, p. 126 et sqq.). De plus, Platon, dans le Ménon, définit ainsi la figure (763) : τοῦτο λέγω, εἰς ὃ τὸ στερεὸν περαίνει, τοῦτ᾽ εἶναι σχῆμα. Ici, la figure n'est que la limite du solide, ce qu’Aristote appellera sa forme. Or jamais Platon n’a dit qu'il ait abandonné cette manière de voir; tout au contraire, il n’a fait que la développer dans le Philèbe, en analysant le πέρας et |᾿ἄπειρον. C'est aussi ce que nous révèle le Timée à propos de la formation de l'âme; et l’on ne voit pas que les expressions qu'emploie ce dialogue au sujet de la composition des corps, soient de nature à formuler une doctrine nouvelle.

La figure est donc la limite de la matière. Or quel en est le principe ? L'âme elle-même : c'est l’âme qui la construit du dedans ; la matière ne fait qu’en rendre accessible aux sens l’invisible dessin.

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