‹ Platon [microform]Chapitre 107 sur 287 · PLaT., Theæt., 183sc. — V, plus haut, p · texte numérisé non relu

PLaT., Theæt., 183sc. — V, plus haut, p

2. 1] est vrai que Platon dit, dans le Timée (38°), que [6 temps a commencé avec l'organisation du cosmos. Mais il s'agit, dans ce passage, d'un aspect de l'acte en vertu duquel le monde s’est formé, c'est-à-dire d'une partie du devenir qui échappe totalement à notre expérience, voire même à notre pensée. Or, dans les cas de ce genre, Platon traduit en langue humaine ce qui est de soi-même intraduisible : il a recours au mythe, suivant la règle indiquée plus haut (p. 52-55). Les paroles du Timée que l'on vient de citer, ne peuvent pas plus se prendre à la lettre que l'histoire de la « marmite » où le Démiurge forma l’âme du monde. Ainsi l’entendaient d'ailleurs Speusippe, Xénocrate et Crantor (V. plus loin, p. 145, 352-353).

3. PLAT., Phæd., 106% : ὃ δέ γε θεός, οἶμαι, ἔφη ὁ Σωχράτης, καὶ αὐτὸ τὸ τῆς ζωῆς εἶδος, χαὶ εἴ τι ἄλλο ἀθάνατόν ἐστι, παρὰ πάντων ὁμολογηθείη μηδέποτε

ἀπόλλυσθαι ; — Phædr., 245 : ἀρχὴ δὲ ἀγένητον ; --- Phileb., 308: ; --- Lois, X, 894-896°.

4. Id., Phædr., 245° : μόνον δὴ τὸ αὑτὸ χινοῦν, ἅτε οὐχ ἀπολεῖπον ἑαυτό, οὔ ποτε λήγει χινούμενον

5. Id., Phileb., 8066. --- Lois, X, 896" : ψυχὴ... γενομένη γε ἀρχὴ κινήσεως.

ment « mesuré » est, au regard de Platon, une sorte de fait métaphysique qu'il faut mettre à la base de toute philosophie : la question, d’après lui, n’est pas de le diseuter, mais de l’interpréter; et s’il tient l'âme pour exempte de naissance et de mort, c'est précisément parce que ce fait ne lui paraît plus explicable dès qu’on vient à la concevoir autrement !.

De quelque côté que l'on envisage le monde, que l’on considère son modèle divin, sa matière, son âme ou son perpétuel écoulement, c’est toujours l'éternité qui se met en vue et s'affirme comme l’un de ses traits essentiels : elle lui vient de l'éternité même de ses principes ?.

Comment cette durée infinie est-elle possible dans un système dont toutes les parties deviennent et dont la plupart sont soumises à la loi de la naissance et de la mort? c'est son organisation elle-même qui l’assure : il en porte dans sa nature mobile la cause immédiate. Le monde est « solitaire »; il n'y a donc rien en dehors de lui,

1. PLAT., Phæd., 72b4 ; — Phædr., 245c<, Que l'on médite ces deux

passages ; et l’on verra qu'il s’agit, dans l’un et l’autre. d'expliquer l'éternité du mouvement réel, c'est-à-dire eurythmique, par l'éternité de l'âme.

2. Telle est l'opinion que nous inspire une lecture attentive et continue de Platon. Mais les avis n’en sont pas moins partagés sur ce point; et il est bon de les indiquer. D'après Aristote (Phys., @, 1, 251°, 14-19: De Cœl.. À, 10, 280", 28-32 ; Ibid., T, 2, 300°, 16-18; Met., À, 6, 1071, 31-37), qui ne manque aucune occasion d'élever une chicane à l'endroit de son maître, Platon aurait cru à un commencement du monde. Et c’est de cette manière qu'ont pensé la plupart des disciples du Stagirite, y compris Théophraste (Frag. 28, éd. Wimmer, Paris, 1846). Au contraire, Speusippe, Xénocrate, Crantor ont enseigné, en croyant se conformer à la doctrine de Platon, que le monde est éternel (Arisr., De Cœl., À, 10, 279, 32 et sqq. ; Plut., An. procr., 3, 1013*; SCch. in Arist., 488», 15-22, 489%, 69). Ainsi de la plupart des Platoniciens pythagorisants et des néo-platoniciens. De nos jours, A. FouiLcée (La phil. de Plat., 1, p. 542 et sqq., Paris, 1869), BrANDis (Loc. Côl., II, 356, 365), Susemtuz (Loc. cit. I. 329), BAEUMKER (Das Problem der Materie, p. 142-151, Munster, 1890), En. ZELLER (loc. cüit., 792, note 1) se sont prononcés pour l'interprétation de l'école platonicienne : UEBERwWEG (Rhein. Mus., IX, p. 76, anm., 40) et MARTIN (Loc. Cil., 11, 181-182) se rangent du côté des Aristotéliciens.

qui puisse influer sur 88 marche et contribuer à sa ruine!. De plus, les substances qui le composent, sans arrangées de manière à ce quil gagne toujours d un côté ἊΝ qu'il perd de l’autre? : et voici comment ce fait s'explique.

« Le cercle de l'univers, qui enveloppe tous les genres et qui, par la nature de sa forme sphérique, aspire à se concentrer en lui-même, resserre tous les corps au poini

nl n :d03 ». Sous l'influence de qu il n’y reste aucune place vide ? ». Sous l'inflt

cette pression, les petits triangles pénètrent ns les erands et les dissocient ou sont assimilés par eux#; de là vient que les corps se transforment les uns dans les autres : l’eau en air, l’air en feu, le feu en air et l'air en eau. γον

D'autre part, ces agrégations et désagrégations, une fois commencées, ne peuvent avoir de fin. Non seulement il n’y a pas de vide; mais encore chaque Corps s'efforce, sous l’action de l’idée du meilleur, de s'unir à son semblable5 : chaque corps a une région spéciale vers laquelle il se meut spontanément ei qui est son lieu naturel °. Ces deux conditions données, supposez qu'il se produise une certaine quantité d'air, il se fait par là même un accroissement de pression dans toute la masse qui lui est homogène. Par là même aussi, cette masse entre RES un contact plus intime avec le feu, de telle sorte qu une partie de ses bulles supérieures s'élève à l'état gene. De son côté, le feu, devenu plus dense et ne pouvant dépasser

“ # 9 Ἂ ὦ n à ἃ ᾽δρ' de la sphère extérieure, 56 comporte de même à l'égard

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