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finition scientifique du mouvement ; il se borne, comme Descartes le fera plus tard, à la notion qu’en a le commun des hommes. Par contre, 1 fournit différentes classifica tions des formes qu'il peut revêtir.
D'après le Théétète, il yen a trois espèces : la rotation !, le déplacement * et l’altération *.
Dans les Lois, cette liste s'at gmente d'une facon considérable. Platon y compte jusqu’à dix sortes de mouvements : la rotation, le déplacement, l'union, la séparation 4, l'accroissement, la diminution”, la naissance, la mort’, le mouvement reçu, et le mouvement spontané, que l’âme s'imprime à elle-même7. Et cette liste déjà longue s’élèverait au nombre de seize, si l'on y ajoutait les six mouvements psychologiques dont parle le Timée et qui se font en avant, en arrière, à droite, à gauche, en bas ou en haut ὃ. Mais, pour peu que l'on cherche la logique de cette énumération, on voit quelle se ramène à six genres : le mouvement local, qui comprend la rotation et le déplacement; l'accroissement, la diminution, la naissance, [ἃ mort et le mouvement spontané. Bien plus, 51 l'on voulait pousser l'exactitude jusqu’au bout, ‘1 faudrait, comme l’a fait Astius, ne distinguer que deux genres de changements : le mouvement psychologique, qui est le premier en date et en excellence, et le mouvement physique, dont tous les autres ne sont que des espèces.
Il y ἃ déjà dans cette manière de voir les éléments οἱ mème les termes de la classification aristotélicienne*. Mais
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‘Yo ἑτέρον... τὴν δὲ ἑαυτὴν χινοῦσαν.
PLAT. Lois, X, 893°-894° ;: — Tim., 34%, 43°. . Notre Arist., p. 99-100.
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le Stagirite exclura le mouvement! de l'âme, il distinguera le mouvement du changement?; et surtout, il rétablira l’altération à titre de transformation qualitative. D'après Platon, il existe des éléments matériels qui sont irréductibles, comme chez les atomistes ; et tous les corps résultent de l'union ou de la séparation de ces éléments * : 1᾿ ἀλλοίωσις elle-même est purement quantitative. Aristote se la représentera comme le passage d'une forme à une autre.
Le mouvement a pour conditions le temps et l'espace, et, bien que Platon n'ait systématisé ni l'une ni l’autre de ces deux choses, il est bon cependant de recueillir la notion sommaire qu'il s’en est faite.
Le temps diffère essentiellement de l'éternité : celle-ci est immobile; celui-là s'écoule perpétuellement. Par suite, l'éternité ne comporte pas de division et n admet ni jeunesse ni vieillesse; elle est : voilà tout ce qu'on peut en affirmer. Le temps, au contraire, comprend trois formes: le passé, le présent et l'avenir. Et de ces trois formes, il n’en est aucune à laquelle le mot d'être convienne rigoureusement; pour parler avec exactitude, 1] faut dire de la première qu’elle a été, de la seconde aus sera et de la troisième qu’elle devient #.
Puisque le propre du temps est de s’écouler sans cesse, on ne peut le concevoir que comme un mouvement 5, De plus, comme il ne va jamais ni plus lentement n1 plus vite,
3. PLAT. ς Χ 894% 8972 : VÈ DE x d 4: L Lois, X, 894*, 897° : ... χινήσεις των σωμᾶτῶν ἄγουσι πάντα εἰς αὔξησιν χαὶ φθί “οὐ Br “ “δ «αν ὶ f £ x RE Ἢ α φθίσιν χαὶ διάχρισιν χαὶ σύγχρισιν καὶ τουτοις ἐπομένᾶς θερμότητας αρουτὴτ 6 MONTÉE τ » Ὶ Ὶ 4 » ᾿ à 1 | ti βαρ 1 ας; χουφότητας, σχληρὸν χαὶ μαλᾶχον, JEUXOV KL μέλαν, αὖστηρὸν χαὶ γλυχύ ; -- V. plus haut, p. 142-148. LA ΓΦ ϑ ξ "- ξ Ὕ | 4, 1d., Tim., 37e-38r.
5. 1d., Ibid., 38% : τὸ δὲ r ἡ τ᾽ ἔσται περὶ TV € ) : ps , 38° τὸ δὲ ἦν τό τ᾽ ἔσται περὶ τὴν ἐν χρόνῳ γένεσιν ἰοῦσαν πρέπει λέγεσθαι" χι' ς γάρ ἐστ QE γεσθαι" χινήσεις γάρ ἐστον...
Te ea rai pu ES CAS rÿ E D Re ol 1 jà τ »" Ἵν ταν, ὁ “é ‘4 ἿΣ na LE oo παῦε " ae or ANR Ni ὅως πος oem 7 ᾿ ing le ον, di À ΕΣ = ces Fe δ Υ Δ Ι͂ΝΝ Le é ᾿- νὰν me 2 1e τ " ΟΊ ΩΝ πο er ᾿- e “- à ὩΣ ᾿ς <. ᾿ ἐν
ce mouvement doit être régulier. D'autre part, le temps
n’a ni commencement ni fin, vu qu'il est parallèle à La’
nature; et, par suite, il faut que ce mouvement, tout en différant de l'éternité, lui équivaille de quelque manière et l'emplisse de son devenir. Que peut donc être le temps? la rotation de la sphère céleste ; car il n’y ἃ que ce mouvement qui réponde à l'idée que l'on s’en fait par la réflexion. « Dieu, par la manière dont il ordonna le ciel. fit de l’éternité qui repose dans l’unité cette image éternelle et harmonieusement mobile que nous appelons le temps !. »
Mais le mouvement de la sphère n'a ni point de départ ni point d'arrêt et garde toujours la même vitesse : 1l est d'une homogénéité absolue ; et, par là même, il faut une mesure à l’aide de laquelle on le puisse compter. Cette mesure nous est fournie par le cours des planètes, surtout par ceux du soleil et de la lune, que le Démiurge « alluma dans le ciel pour l'emplir de lumière et faire participer à la science du nombre les êtres vivants qui en sont capables ». « Ainsi naquirent le jour et la nuit »; «ensuite le mois, après que la lune eut, dans son circuit, atteint le soleil »; enfin, l’année ordinaire, « après que le soleil eut terminé sa carrière » 2. « Quant à l’année parfaite, elle est accomplie, lorsque les huit révolutions sont retournées à leur point de départ *. Chateaubriand
1. PLAT., Tim, 374-e, 38b-0. — C'est ainsi qu'Aristote entend la pensée de
Platon (Phys., Δ, 10, 218", 33 et sqq.).