‹ Platon [microform]Chapitre 14 sur 287 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

De plus, la théorie des idées nous est donnée, dans le Banquet, comme une sorte de découverte et qui n’a pas encore de consistance scientifique : Socrate l’apprend de la bouche de Diotime; c’est avec peine qu’il en suit le développement !; la Mantinéenne elle-même va jusqu’à le prier d'y mettre toute l'attention dont il est capable 3. Rien de pareil dans le Phédon. Les idées n'y apparaissent pas comme quelque chose de nouveau; elles sont une matière mille fois rebattue, qui n’a plus rien que de familier*. Et c'est avec une étonnante vigueur d’affirmation que Platon s'exprime toutes Les fois qu’il y touche. On voit abonder alors des formules de ce genre : ὡς

CE “« ἘΝ “ e « Pa 4“ à + ἀληθῶς, τῷ ὄντι, ὡς ἀληθῶς τῷ ὄντι, φαμὲν δὲ ὕτο εἶναι

κ np

τὸ ἀληθές Ἢ, τοῦτο δὲ ἁπλῶς χαὶ ἀτέχνως χαὶ ἴσως εὐήθως ἔχω παρ᾽ ἐμαυτῷ ὃ. Tout le dialogue d’ailleurs prend un accent de conviction qui n'apparaît que par places au cours des écrits antérieurs.

Le Phédon est aussi plus didactique que le Banquet. Platon y signale longuement le danger que l’on court en ne suivant pas une méthode rigoureuse dans la recherche de la vérité6; il y insiste sur les conclusions et s'y résume; 1] en réfère à ses propres ouvrages. Le Ménon est clairement visé à la page 72°-73*. Plus loin, vers la page 100", l’auteur fait allusion à d’autres dialogues, parmi lesquels il est difficile de ne pas reconnaître au moins le Cratyle et le Banquet.

Ce n’est pas non plus un fait insignifiant que l’ac-

r re me

jcienne qui se Mani- 6 Pythagoricienne qui 856

Lits de l’influenc à croissement laton emprunte à

r JÆ A P feste dans le Phédon. Non 5. ARTE τ ml ἐ e ond de sa thèse :

γ΄ : : et de Tarente le école de Crotone 6 R ἠὸν si | encore il y puise 88 théorie de la pu | Ἢ ΔΝ 1 sont comme rification et celle de la métempsycose qui 50 sers “a ὼ Ἶ ité lus hoisi l'âme de son hymne à l’immortalité. De plus, 11 € âme | | se lolaüs. Simmias el Cébès, pour en

le suicide !; mais

« disciples de Phi |

deux disciples de rs incl son œuvre’. Toutelois

faire les personnages principaux de son œuvre”. Tot :

ως à ᾿ l'importanc » cette rene faudrait-il pas exagérer l'importance de C ε

| vu la thèse dominante du Phédon, qui est celle

marque : ssl Ι e prêt: ΠΧ que ἰ᾿ e dialogue se prêtait mieux 4

de la vie future, ὁ | Banquet aux infiltrations pythagoriques.

W. H. Thompson a fait un rapprochement historique

, μ à >h2 ρ΄, qui est de nature à éclairer la date du Phèdre ἜΝ quyri XDOSe comme 1l Sul Isocrate, dans son Panéqgyrique, expos using hétori » * Exet0! AOYOt sa manière d'entendre la rhétorique :

byr’ εἶναι περὶ τῶν αὐτῶν

τοιαύτην ἔχουσι τὴν φύσιν ὥσθ οἱ ννν ν᾿ ἡ ᾿ | ὺ ; À A un pag pau σὺν pm αὐ Ἃ κα ’ LA λλαγῶς ἐξηγήσασθαι, χαὶ τὰ MEYAAX ταπεινὰ ποιῆσαι ἃ πολλαχῶς ἐξηγήσασθαι, χαὶ τὰ μεγαλ ,

δ᾿ το ἌΝ δα δ ϑεδο δὲ μέγεθος πεοιθεῖναι, χαὶ τὰ τε παλαιὰ χαινὼς οιελῦειν ἡ à où de νυ ἀῶ. dès -

ἐχείνων εἰπεῖν πειρατέον 4. Α la page 2367" du Phèdre, Platon fait avec des expressions analogues la critique τοὶ cet art sophistiqué. Il est vrai qu'il y cite le nom de Gorgias, au lieu de celui d’Isocrate lui-même; mais on sait pes ailleurs que le premier de ces rhéteurs avait été le Haies du second. Le Phèdre serait donc postérieur au Panégyrique d'Isocrate; or ce discours parut en 380°. D'autre

. κάλ 1. 61.062": --- SraLLBAUM, Loc. cit., vol. I, sect. 11, Ρ. 54. 2. 61°. | | l 3. The Phædrus of Plato, with english notes and dissertations, pp. 113, 178, London, 1868. | ἸΣ 4. Isocr., Panegyr., 25, 8, èd. Müller, Paris, 1877. 5. V. LUTOSLAWSKI, Loc. cit., pp. 347-352.

part, l’on ἃ des raisons sérieuses de croire que la composition du Phèdre précéda la mort de Lysias qui eut lieu en 378. Car le discours de ce rhéteur, dont Socrate et son jeune ami vont faire la lecture sur les bords de l'Ilissus, doit être authentique, Autrement, Platon aurait fait la critique de son œuvre à lui : ce qui ne parait nullement vraisemblable‘, Ce discours était probablement l’un de ces exercices oratoires auxquels s’adonnaient les logographes, à l'exemple de Polycrate, et qui venait de paraître. Grâce à ces calculs ingénieux, la publication du Phèdre se trouverait comprise entre deux limites assez rapprochées. Chose curieuse ! Teichmüller, sans connaitre d’ailleurs l’étude de W. H. Thompson, est arrivé aux mêmes résultats?. Mais j'avoue, pour mon compte, que ni le critique anglais ni le critique allemand ne réussissent à produire la certitude; leur raisonnement ne donne qu’une probabilité.

Il paraît bien d’un autre côté que le Phèdre est postérieur au Phédon. N'’aurait-on, pour l’affirmer, que la différence de leurs notes stylistiques, cette raison suffirait. Le Phédon marque l’apogée des ὥσπερ : 1] y en a 80 sur 88 pages de la petite édition Tauchnitz; et l’on n’y trouve pas de χαθάπερ. Il contient d’ailleurs 7 ὡς ἀληθῶς, 14 τῷ ὄντι, et ne donne que 8 τε τε; les ἀληθῶς et les ὄντως ne s'y montrent pas encore. Le Phèdre n’a que 24 ὥσπερ Sur 70 pages de la même édition et fournit déjà

e. On n y rencontre plus que 5 ὡς ἀληθῶς οἱ 7 τῷ ὄντι. Par contre, il y a déjà dans ce dialogue 5 ἔντως et 92 τε Où τε... τε. Peut-être l’éclosion subite de cette dernière particule est-elle favorisée par le sujet dont traite l'auteur et la forme mythique qu'il lui a donnée. Mais sa

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