Id., 1bid
gariques ! et les disciples de Protagoras*? ; c'est ce qu'ont redit et redisent les sophistes de toute nuance. Et, 51 étrange que soit leur assertion, l’on ne voit pas encore au juste ce qu'il convient de leur répondre. Il faut remettre à l’examen le problème de l'erreur.
Porter un jugement faux, « c'est se dire à soi-même que telle chose est telle autre » : c'est se méprendre. Or on ne se méprend pas, si les deux termes à comparer sont totalement inconnus: car alors tout travail de la pensée est encore impossible. On ne se méprend pas non plus si, des deux termes à comparer, l’un est totalement inconnu. On ne se méprend pas davantage, lorsque les deux termes à comparer sont adéquatement connus; la complète lumière chasse toute possibilité de mécompte. En un mot, pas de méprise dans la pleine connaissance, ni dans la pleine ignorance. L'erreur ne trouve place qu'en l'état intermédiaire, qui est une sorte de demisavoir *.
Voilà une première approximation. Mais la difficulté de fond n'est pas levée par là ; elle reparait tout entière. Se méprendre, c'est établir un rapport qui n'est pas; l’établir, c’est le percevoir ; et quel moyen de percevoir le ricn #?
« Pour nous défendre, [ὁ Théétète|, 1] nous faut peser la maxime de notre père Parménide et montrer de quelque manière que le non-être existe à certains égards et
qu'à certains égards aussi l'être n'est pas. »
1. PLAT., Soph., 2372-2392, — V, sur ce point SraLzs., Vol. VII, sect, 11,