‹ Platon [microform]Chapitre 157 sur 287 · PLAT:, Soph · texte numérisé non relu

PLAT:, Soph

chaque chose beaucoup d'être et beaucoup de nonêtre!. »

A mon sens, cette sinueuse et subtile discussion n'éclaircit rien. Le rapport du même à l'autre est une exclusion qui a son fondement dans la réalité, qui existe. De cette exclusion nous faisons, par l'erreur, un rapport d'union qui est contraire à la nature des choses, qui n'existe pas. Dès lors comment pouvons-nous le percevoir ? La question revient tout entière. C'est Protagoras et Cratyle qui gardent le dessus; et il ne pouvait en être autrement. Le problème de l’erreur n'a pas de solution purement intellectualiste; on n’y répond qu’en faisant intervenir un principe d'ordre moral. Platon parle, dans le Sophiste, d'une certaine méchanceté de l’âme qui lui vient de ses passions et qu’il appelle sa « maladie » ἡ. Au troisième livre des Lois, il exprime à nouveau la même idée et d’une manière plus précise. « La pire des ignOrances », dit-il, «c’est de haïr les choses bonnes et belles, au lieu de les aimer ». Et plus loin, il ajoute : « c'est la révolte de l'âme contre la science, le jugement et la raison, ses maîtres naturels 3 ». Si Platon se fût aidé de semblables considérations pour résoudre le problème de l'erreur, il est probable qu'il en aurait donné une solution moins incomplète. Aristote, en cette matière, a été plus heureux que son maitre, tout en profitant de ses vues #.

La connaissance et le vouloir sont, d’après Platon, intimement liés l’une à l’autre.

Il a toujours enseigné que « la méchanceté n'est pas volontaire » : il l’a dit dès le début et l’a redit jusqu'au

. PLAT., Soph., 263%.

. V. notre Arist., p. 226-231.

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