Id. Rep., IX
. Id., Ibid., 5885.
arbre qui porte trop de fruits, éprouve à chaque instant de grandes douleurs et d’indicibles plaisirs dans ses passions et dans leurs effets, insensé pendant presque toute sa vie à cause des jouissances et des peines excessives qu’il ressent ! ». « La partie animale » est plus « féroce » encore pendant le demi-sommeil, « lorsqu'on l’a excitée par le vin et la bonne chère ». « Elle ose tout alors, comme si elle avait secoué et rejeté toute honte et toute retenue. L'inceste avec une mère ne l’arrête pas; elle ne distingue ni dieu, ni homme, ni bête; aucun meurtre, aucun aliment ne lui fait horreur. Il n’est point d'infamie, point d’extravagance dont elle ne soit capable * ». Cette intensité du plaisir sensible ne tient pas seulement à ce qu'il est « infini ° » par nature; elle résulte aussi de son intime union avec l'organisme. « Le goût effréné des jouissances de l'amour provient de ce que la semence se répand dans le corps à travers les os avec trop d’abondance et produit ainsi une maladie de l'âme » : il dépend d’un état physiologique. On n'en peut dire autant des autres formes que revêt le goût du plaisir, à cette différence près qu'elles ne s'élèvent pas d'ordinaire au mème degré de violence. Ce genre de passions ἃ d’ailleurs une autre cause. Il s’accroit très vite par l'exercice et prend à la longue une prédominance qui rend toute résistance impossible : nous finissons par en devenir les esclaves; et l’un des principaux soucis de l'éducateur doit être d’éviter ce funeste résultat ?.
Que le désir relève de la pensée ou des sens, qu'il