Id., Phileb
5. Id., Ibid., 46°, 46c-47v, 470, 50%; — Cf. Phædr., 2585. Cette classification est loin d'être unique dans le Philèbe : il en contient plusieurs; et chacune d'elles y prend du relief ou s’efface suivant le besoin du moment. Nous choisissons pour règle celle qui nous paraît la plus commode, comme le faisait Platon lui-même.
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tence, c’est-à-dire de la fin, on obtient une classification binaire : il y a d’une part les plaisirs nécessaires, tels que ceux de boire et de manger; de l’autre, les plaisirs superflus, tels que ceux du luxe, des honneurs et de la gloire !.
De ces deux classifications, la seconde n'intéresse guère que l'éthique. L'autre, au contraire, bien qu'également inspirée par une intention morale, prend une portée principalement psychologique; et, partant, c'est celle-là que l’on va suivre, en l’appliquant d’abord aux plaisirs imparfaits, puis à ceux qui n'admettent plus d’imperfection.
Tous les mouvements corporels ne se terminent pas par une sensation; ils ne produisent cet effet que lorsqu'ils ont une certaine force, proportionnelle d’ailleurs à la mobilité de l'organe affecté. A leur tour, toutes les sensations ne s'épanouissent pas en émotion; 1l leur faut, pour acquérir cette modalité, le choc d'un ébranlement notable?. La sensation requiert, dans sa cause, un degré appréciable d'intensité; et l'émotion, un degré de plus. D'autre part, l’ébranlement notable qui produit ce dernier phénomène, peut avoir deux résultats différents, suivant qu’il est conforme ou contraire à la nature : dans le premier cas, il détermine le plaisir; et dans le second, la douleur.
Ainsi, bien que les jouissances corporelles soient « infinies » de leur chef et ne contiennent par elles-mêmes que de la quantité, elles trouvent déjà dans leurs antécédents physiques comme un commencement de mesure et de proportion : elles participent de l'harmonie qui règne dans leur cause et prennent de la sorte un caractère qualitatif. Platon s'éloigne d’Aristippe, tout en s'inspirant de sa doctrine. ἃ son tour, Aristote s’éloignera de Platon
1. PLaT., Rep., ὙΠ, 558%-559° ; IX, 571° el 564.; — Phileb., 62°. 2. Id., Phileb., 48ν-. — Tim., 64%, 3. Id., Phileb., 31v-32, 32°, 42%; — Tim., 64°-65r, 81°.
sur un autre aspect du problème; 1] regardera le plaisir comme inhérent à toute sensation, quel que puisse être son degré d'intensité.
Si des conditions du plaisir corporel, on passe à sa nature intime, c’est de toutes parts et sous toutes les formes qu’il accuse son essentielle infirmité.
Le plaisir corporel est une « naissance ». Or tout ce qui naît périt et sans cesse; tout ce qui périt se dissout dans la même mesure: et la dissolution, c’est la douleur. « Singulière chose, mes amis, que ce que les hommes appellent plaisir! comme 1] ἃ d'étranges rapports avec la souffrance que l’on tient pour son contraire! » « À peine
l’un est-il venu, que l'on voit apparaitre son compa-
gnon ?. » Ainsi le veut pourtant l’inévitable réalité ; et les dieux eux-mêmes n’y peuvent rien.
Non seulement les plaisirs corporels appellent la douleur; mais aussi la plupart d'entre eux l’enveloppent elle les compénètre, elle fait partie de leur essence. Le plaisir de manger disparait, dès qu'on n'a plus faim; et celui de boire, dès que l’on n’a plus soif; ainsi des jouissances de l’amour elles-mêmes, dès que la nature s'est délivrée du sentiment de réplétion qui les provoque et les attise. Tous ces plaisirs décroissent proportionnellement au besoin qu'ils tendent à supprimer et s'évanouissent avec lui : ce ne sont que des apaisements de souffrance ; ce ne sont que des cessations de douleur. Antisthènes peut être considéré comme « un devin » : appliquée aux plaisirs d'ordre physique, sa doctrine demeure vraie aux trois quarts“. Encore n’a-t-il pas épuisé le principe dont il est parti : à certains égards, « ses oracles » sont plus
. PLAT., Phileb., 555.