Id., Tim
marqué. Bien plus, il s’est rendu compte de l'importance pratique de ces deux idées et les ἃ introduites l’une et l’autre dans son système d'éducation !.
Quoique intimement liée à l'organisme, l’âme s’en distingue entièrement : elle y est entrée et doit en sortir de toutes pièces. Aussi n’y a-t-il rien, pour Platon, de ce qu’on appellera plus tard «le composé humain ». L'homme
- . . . ᾽ c'est le principe qui sent, veut et raisonne; c'est l'âme et rien que cela?. Quant à l'organisme, 1] n'y faut voir
qu'un instrument. « Même dans cette vie, ce qui con-
stitue chacun de nous n’est pas autre chose que l’âme. Le corps nous accompagne comme une image; et c'est avec raison que l’on donne le nom de simulacres aux restes des défunts. »
Depuis combien de temps y a-t-il sur la terre des âmes douées d'intelligence qui habitent une maison de chair et de sang ? « il n’est pas aisé de le dire ». Si « le genre humain n'a pas toujours existé », 1] faut croire du moins « que son origine va se perdre dans l'infini »*. Et depuis le moment de son apparition, il a été détruit maintes fois par des déluges, des maladies et d'autres accidents semblables, auxquels n’échappait qu'un très petit nombre d'hommes. Mille fois les arts et la philosophie ont été inventés; mille fois ils ont péri pour être inventés à nouveau. Il est incalculable, le nombre des catastrophes par lesquelles ἃ passé notre globe au cours de tant de siè-
1. PLar., Tim., 88v-90*. — Cette idée a pris de nos jours une importance toute spéciale, grâce aux données d’une observation plus précise. V. par ex. : D' FLeury, Introduction à la médecine de l'esprit, Alcan, Paris,