‹ Platon [microform]Chapitre 177 sur 287 · PLAT.. Crüili · texte numérisé non relu

PLAT.. Crüili

h. 812-860: — Cf. Phæd., 72°-7:

l'Égalité, dès que nous percevons des objets égaux; et la Beauté, dès qu’il nous est donné de voir des choses belles. La science jaillit donc du fond de notre être avec notre première pulsation; et si elle en jaillit de la sorte, c'est qu'elle s’y trouvait déjà, c’est que l’âme où elle réside existait auparavant. Son passage en notre corps n'est que l’une de ses nombreuses pérégrinations!.

Mais cet apercu demeure vague, aussi longtemps que l’on n’a pas déterminé davantage le rapport que l’âme soutient avec les idées. Il faut, pour lui donner la précision voulue, démontrer que l’âme est liée à l’intelligible au point d'en avoir toujours quelque intuition. Et cela, Platon le sent ; c’est la raison pour laquelle il dit à diverses reprises, en développant la preuve de la réminiscence : « la science est de notre foyer » *, « la science est chez nous » 3, « la science est nôtre » #. Mais la preuve de cette idée fondamentale, 1] ne la fournit pas à cet endroit; on ne la trouve que dans la suite du Phédon® et dans le dixième livre de la République‘.

Le moyen de connaître la nature de l’âme n'est pas « de la considérer dans l’état de dégradation où la mettent son union avec le corps et d’autres maux »; « il faut la contempler des yeux de l'esprit, telle qu’elle est en ellemême, dégagée de tout ce qui lui est étranger »; 1] faut envisager « la partie la plus réelle de son être ». Or, pour qui la prend de ce biais, elle n’est plus ni l’harmonie du corps ni une substance qui se peut dissoudre ; c'est un principe éternel. L'âme, en effet, peut connaitre

. Phæd., 73»-78».

Page 1