‹ Platon [microform]Chapitre 180 sur 287 · PLAT., Phæd · texte numérisé non relu

PLAT., Phæd

La même conclusion s'impose lorsqu'on regarde aux exigences de l'éthique. Il faut qu'il y ait une sanction dans l'au-delà : car il serait étrange que le sage eût définitivement le dessous dans sa lutte généreuse pour le bien ; il serait étrange que la vie se terminât par la consécration de l’iniquité. Le spectacle du mal qui s’accomplit sur la terre nous pousse invinciblement à croire en un royaume de la justice où s'achève l’ordre moral, cette harmonie suprème des choses !. Il faut aussi qu'il y ait une sanction dans l'au-delà, parce qu’autrement la vie humaine deviendrait impossible. La méchanceté ἃ déjà trop d'empire parmi nous; elle en a tant que les justes eux-mêmes se sentent parfois ébranlés dans leurs convictions, à la vue de ses triomphes insolents?. Supposé que l’on n'ait plus à craindre « la justice inévitable des dieux », elle ne peut qu'augmenter encore son audace et produire à la longue le plus irrémédiable des désordres. La croyance en DS mortalité est comme la clef de voûte de tout édifice social ὃ.

L'éternité même de la nature ne devient intelligible qu'autant que les âmes sont impérissables. L'idée du « meilleur » veut qu'il se soit produit dès l'origine la plus grande quantité d’âmes possible; et cette quantité est invariable, fixe à jamais : vu que la cause qui l'explique, étant immuable, ἃ toujours la même προ νὴ et par suite la même efficace. En vertu du principe suprême qui préside au façonnement de l'être, le nombre des âmes est essentiellement limité ‘. Imaginez dès lors que

1. PLAT., Rep., X, 613%; — Thext., 176°-°; - 715-716». XII, 93Q=e, |

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