‹ Platon [microform]Chapitre 200 sur 287 · V. notre Arist., p · texte numérisé non relu

V. notre Arist., p

«les trois vertus que nous avons découvertes » 1, Affirmer que l'âme possède la sagesse, le courage et la tempérance, c'est dire que « chacune de ses parties remplit sa fonction sans se mêler de celle des autres »; c'est dire du même coup que tout s'y ramène à l'ordre, qu’elle est en pleine harmonie, comme un bel instrument. Et cette harmonie intérieure, voilà précisément ce qui constitue la justice ?. La définition vaut pour l'individu; elle vaut également pour l'État. Car dans l’État, comme dans l’âme, il y a trois parties : la classe des magistrats qui correspond à l'intelligence, celle des guerriers qui correspond au « cœur » et celle des mercenaires qui représente le « désir sensible ». Et, quand chacune de ces trois classes « remplit son devoir sans s'occuper de celui des autres », le tout lui-même se trouve eurythmisé, le tout possède cette harmonie intégrale d’où résultent à la fois le respect de l’ordre et le bonheur : l'État est juste 5.

De là dérive une conséquence qui rejaillit en lumière sur les deux premiers livres de la République. La justice vulgaire, celle qui consiste à ne pas causer de dommage sans raison, n’est qu’un aspect de la vraie justice. Supposez un homme qui ait mis les trois parties de son âme « en parfait accord » : il ne lui arrivera pas de « détourner à son profit un dépôt d'or ou d'argent » ; il sera «également incapable de piller les temples, de dérober, de trahir ses amis ou sa patrie »; « l’adultère, le manque de respect envers les parents et de piété envers les dieux sont encore des fautes qu'il commettra moins que personne » £,

Une autre conséquence de la même idée se rapporte à l'extension de la justice. Puisque cette vertu se ramène à

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