‹ Platon [microform]Chapitre 201 sur 287 · Id., 1bid · texte numérisé non relu

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l'harmonie de l'âme, elle est aussi l’ordre parfait : elle est bonne de tous points. Or du bien ne peut résulter aucun mal. La justice s'applique aux ennemis comme aux amis, aux étrangers comme aux concitoyens; elleignore la vengeance et n’a d’autres frontières que celles du monde : elle est universelle comme la vérité. « L'homme juste est bon. — Assurément. — Ce n’est donc pas le propre de l’homme juste de faire du mal ni à son ami ni à qui que ce soit. mais de son contraire, c’est-à-dire de l’homme injuste. — Je crois, Socrate, que tu as parfaitement raison. — Si donc quelqu’un dit qu'il est juste de rendre à chacun ce qu'on lui doit, et s'il entend par là que l’homme juste doit du mal à ses ennemis comme il doit du bien à ses amis, ce langage n’est pas celui d’un sage; car 1] n’est jamais juste de faire du mal à personneï. » « Aimez vos ennemis », est-il dit dans le sermon sur la montagne *. Platon sentait déjà ce qu’il y a de profondeur et de sérénité dans cette parole de Jésus.

Cette définition de la justice en révèle également le prix souverain : elle est la source immédiate du bonheur aussi bien pour l'État lui-même que pour l'individu”; et de là les deux thèses que Platon a soutenues avec tant l'éclat sur l'infériorité du bourreau à l'égard de sa victime et sur la beauté du châtiment.

« L'homme que l’on fait mourir injustement, est malheureux et digne de pitié »; mais 1] l’est infiniment « moins que l’auteur de sa mort: « car le plus grand des maux consiste à commettre l'injustice # ». « Archélaüs n’avait aucun droit au trône qu’il occupe » : c'est par une série de meurtres qu'il s'est emparé du pouvoir. Il a

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