‹ Platon [microform]Chapitre 202 sur 287 · S. MATTH.. V · texte numérisé non relu

S. MATTH.. V

3. PLar., Gorg., 506°-507° ; — Rep., II, 352°-354*; IV, 445a-b, 4. 1d., Gorg., 469" et 544. — Cf. Apol., 30°.

fait égorger son oncle et son cousin après les avoir enivrés l’un et l’autre; il s'est débarrassé de son frère, fils légitime de Perdiccas, en le jetant au fond d'un puits. Ft le souvenir de ces crimes affreux ne torture point sa conscience : « iln’en conçoit nul repentir »ἷ. « C'est donc le plus malheureux des Macédoniens » ; il l’est d’autant plus qu'il a fini par perdre jusqu au sentiment de son propre malheur. En chaque chose, en effet, la raison est le dernier juge, celui que ne peuvent infirmer ni les suffrages de la foule, ni l'autorité des témoins ni l’éloquence des orateurs”. Or, en la question dont il s’agit, la plus humaine et la plus vitale de toutes, la raison rend toujours dans la mème clarté le mème verdict : la justice, c'est l'ordre et par suite le bonheur: l'injustice, c'est le désordre et par suite le malheur*.

Quand on a transgressé la justice, le meilleur est d'y rentrer par le châtiment. « Les criminels sont malheureux de toutes manières »; « ils le sont encore davantage », « si leurs crimes demeurent impunis » ; ils le sont moins, s'ils recoivent des hommes ou des dieux la juste punition de leurs fautesi. « Comment dis-tu? Quoi! un homme que l'on surprend dans quelque forfait, comme celui d’aspirer à la tyrannie, qu'on met ensuite sur la roue, qu’on déchire, auquel on brûle les yeux ; qui, après avoir souffert des tourments sans nombre ni mesure soit en Sa personne soit en celle de sa femme et de ses enfants, est enfin cloué sur un gibet ou enduit de poix, pour être brûlé vif: cet homme sera plus heureux que si, échappant à ces supplices, il devient tyran et passe sa vie entière maitre dans sa ville, libre de faire ce qui lui plaît, envié à la fois et

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