‹ Platon [microform]Chapitre 211 sur 287 · b (trad. Cousin · texte numérisé non relu

b (trad. Cousin

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seulement une source croissante de lumière ; elle est devenue une maitresse de pitié.

Pratiquement, le bien est chose difficile!. Considéré en lui-même, il a plus d’éclat que le soleil; mais, du fond de notre « cachot », nous ne le voyons généralement que d’une manière imparfaite. De plus, 1l faut en appliquer la règle à notre conduite; et la vie humaine est mobile et complexe. Comment convient-il d'agir en chaque occasion, quand et dans quelle mesure? C'est un problème qui se pose sans cesse sous une forme nouvelle et dont la réponse nous parait presque toujours ombreuse par quelque endroit.

Le moyen de viser juste est de recourir au sage, comme on ἃ recours au cithariste pour apprendre la cithare et au gymnaste pour se former à la gymnastique.

« La vertu est une science. » Cette science, le sage la possède au plus haut degré ets’y conforme dans chacune de ses actions. Il s’est soumis depuis longtemps à l’empire de la justice, il a fait pénétrer jusqu au fond de son âme le rythme et l’harmonie qui la constituent ; tout son être en reflète perpétuellement l’éternelle et divine beauté. Il est, par suite, d'une sagacité merveilleuse, lorsqu'il s’agit de démèler ce qu'il y a de convenable ou de défectueux, de noble ou de laid dans les actes qui composent la trame de notre vie morale. Il le sent autant qu’il le voit, àla manière dont le musicien discerne la justesse des sons et de leurs accords; 1] en ἃ une sorte d’intuition synthétique où vibre toute son âme et qui ne trompe pas. Le sage, par le fait même qu'il est

1. PLar., Hipp.maÿ., 304°; — Rep., IV, 435° : … χαλεπὰ τὰ χαλά. PLATON. 18

μὰν οὐ ARE +de M τίσ λχτς

la personnification du bien, en est aussi le juge et comme l’oracle vivant : il représente la raison pratique.

Cette théorie d’origine socratique apparait dès le Lachès!. On la retrouve dans le Criton*?, le Gorgias*, la République * et le Philèbe®. Elle se montre de nouveau dans les Lois, bien qu’un peu adoucie à cause de l’intention pratique qui domine ce dernier ouvragef. Platon l’a toujours enseignée; et Aristote la reproduira tout entière, en l’affinant, selon son habitude, à la lumière de l’ana-

lyse ?.

Si le bien s’identifie avec le beau 8, la morale devient une esthétique. Mais ce n’est pas à dire que son action sur nous se borne au charme d’une œuvre d'art. D'après Platon, l'idéal de la conduite humaine fait plus que se proposer ; il s'impose : c'est un impératif.

La première façon de s’en rendre compte est de regar-

der à l’idée du droit qui se dégage des dialogues. Platon a toujours combattu, et comme une erreur de fond, la théorie d’après laquelle le droit s'identifie avec la force. Elle était florissante de son temps : les sophistes l'avaient propagée de toutes parts; et 1] l’expose à diffé-

. III, 401-402 ; IX, ὅ82" 089".

6. III, 700% et sqq.; ΧΗ, 950°<. Platon, en ce dernier passage, fait à son principe une restriction très fine et qui montre bien la place de plus en plus grande que prenait l'expérience dans sa pensée : où γὰρ ὅσον οὐσίας ἀρετῆς ἀπεσφαλμένοι τυγχάνουσιν OÙ πολλοί, τοσοῦτον χαὶ τοῦ χρίνειν τοὺς ἄλλους, ὅσοι πονηροὶ χαὶ χρηστοί, θεῖον δέ τι χαὶ εὔστοχον ἔνεστι χαὶ τοῖσι χαχοῖς, ὥστε πάμ.πολλοι καὶ τῶν σφόδρα χαχῶν εὖ τοῖς λόγοις χαὶ ταῖς δόξαις διαιροῦντα: τοὺς ἀμείνους τῶν ἀνθρώπων χαὶ τοὺς χείρονας.

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