Id., Ibid., X, 909°-fin
des années. Il en vient même par endroits à lui donner un accent d’ironie et de poignante tristesse qui rappelle les Pensées de Pascal. Il affirme, dès la période moyenne, que nous habitons une caverne où nous vivons pieds et poings liés, que notre corps est une sorte de geôle, que tout consiste à se délivrer et que par là même la philosophie doit être un commentaire de la mort!. D'après son Phédon, les grandes vertus et les grands crimes sont également rares; c'est la vulgarité qui forme le trait dominant de la vie?. « Le mal, dit-il dans le Théétète, ne peut être détruit. C'est une nécessité qu'il circule sur cette terre, et autour de notre nature mortelle. C’est pourquoi nous devons fuir au plus vite de ce séjour à l'autre »?. Les Lois contiennent des remarques plus sombres encore. En voici quelques-unes qui sont significatives : « Le mal dans l’univers abonde toujours à côté du bien...; ils y fait une guerre éternelle et qui exige une vigilance étonnante » ι « A la vérité, les affaires humaines ne méritent que fort peu d'intérêt » 5. « Nous ne sommes presque en tout que des automates où l’on trouve à peine quelques parcelles de vérité »6. « Les dieux ont-ils fait l'homme pour s'amuser ou dans un dessein sérieux? Nous n’en savons rien 7. » Et ailleurs cette pensée s’accentue au sens de la misanthropie : L'homme nous est présenté comme « un jouet sorti des mains de Dieu » : « ce qui fait pourtant le meilleur de ses titres »8. Mème dans le Timée, cet hymne enthousiaste
1. PLarT., Gorg., 523°-524° ; — Phæd., 625-68": — Rép., VIE, 514*et 544. : X, 611-612"; — Phædr., 250°.
. 176sb.
. 804» (trad. Cousin).
à la beauté de la nature, on trouve çà et là des indices de cette manière de voir. Les cercles de l’âme se sont dérangés, emportés qu'ils étaient par le flux « de l'infini » : elle est devenue la proie de l'erreur « et n'a qu'une part insensible à la divine intelligence »!.
Platon, dans ces paroles, nous révèle comme un coin de son âme. Sous la sérénité tout apollinienne de son génie, se glisse la grande ombre du pessimisme : 1] ἃ compris l'incurable insignifiance de notre condition terrestre et :l en a souffert. Mais ce n’est pas à dire qu'on le doive tenir pour un ascète; on ne voit nulle part qu’il se soit donné comme un déserteur de la vie ?. A son sens, elle ne dépend pas de nous : la nature la veut; c’est une nécessité. Et, par conséquent, nous n avons qu'un parti à prendre, qui est de l’organiser de notre mieux ?. Travailler au développement de la science, instituer autant que possible le règne de la justice, diminuer ainsi les sources de la souffrance en augmentant celles du bonheur : voilà l'œuvre qu'il faut poursuivre, pour difficile qu'elle soit; on y gagnera toujours d’être de moins en moins malheureux. Là se trouve d’ailleurs l’art de préparer la délivrance finale, celle qui doit nous restituer tout entier à nous-même et nous ramener au spectacle de la vraie beauté.
1. 43 5:9. 5ie : χαὶ τοῦ [τῆς δόξης] μὲν πάντα ἄνδρα μετέχειν φατέον, νοῦ δὲ ΄ , r ar PE ΕΠ τ Ω ᾿ / ΝΕ θεούς, ἀνθρώπων δὲ γένος POAYU τι.
2. Ρἤδα., 625-θὃν». — V. plus haut, p. 68-70. 3. Lois, VII, 803» : ἔστι δὴ τοίνυν τὰ τῶν ἀνθρώπων πράγματα μεγάλης μὲν 42 - - τὰ ΝΣ TS PA * __ QNac-e - «Δ. ai Li σπουδῆς οὐχ ELA, ἀναγχαῖον γε μὴν GTOUORELV, 803c-e : ... τὸ δή φαμεν ἡμῖν
, Le Εν σις, fe τῶνδ, RÉ ων πὰ γε εἶναι σπουδαιότατον " δεῖ δὴ τὸν χατ᾽ εἰρήνην βίον ἕχαστον πλεῖστον TE wa