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CHAPITRE VII

Le bonheur est le but où tendent toutes nos actions. Or cette fin des fins, l'individu ne peut l’atteindre, s’il reste isolé. Il lui faut des aliments, des vêtements, un abri contre l’intempérie de l'air; et la satisfaction de ces besoins, si primitifs qu'ils soient, suppose déjà tout un ensemble d'industries auxquelles un même homme ne saurait suffire : la division du travail devient une nécessité dans le régime de vie le plus simple. Elle s’impose encore davantage, lorsque, en vertu d'un progrès inévitable, 16 bien-être et le luxe font leur apparition; elle s'accroît tout naturellement à mesure que l'instinct de la jouissance s’éclaire, s’affine et multiplie ses découvertes !.

Il ne suffit pas d’ailleurs que l’homme réussisse à se protéger contre la faim et les rigueurs de l'atmosphère. Les individus, aussi longtemps qu'ils demeurent solitaires, sont à eux-mêmes leurs pires ennemis : ils vivent dans un état perpétuel de guerre et de brigandage qui supprime toute sécurité et par là même toute possibilité d'ordre et de développement. Il faut donc qu'il surgisse de quelque manière une force qui dompte les appétits, détermine les droits de chacun et tranche les litiges. Cette

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