‹ Platon [microform]Chapitre 235 sur 287 · Id., Politic., 310; — Lois, VI · texte numérisé non relu

Id., Politic., 310; — Lois, VI

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en plus saine et vigoureuse. On pratique la sélection dans l'élevage des chiens et des chevaux; elle s'impose quand il s’agit de l’homme : c'est alors surtout qu'il convient, pour protéger l'espèce, d'être impitoyable à l'individu.

Le mariage lui-même revêt deux aspects très distincts, suivant qu'il est question de la République ou des Lois. Dans le premier de ces deux dialogues, Platon admet une certaine communauté des femmes?. Les unions sont faites par les chefs de l'État et ne persistent que dans la mesure où il le faut pour qu’elles soient fécondes. Le succès obtenu, les deux conjoints redeviennent étrangers l'un à l'autre comme si rien n’avait eu lieu. Bien plus, tout est disposé de façon qu'ils ne reconnaissent jamais leurs enfants. A peine ont-ils vu le jour qu’on les enlève pour les porter dans une crèche publique lorsqu'ils sont bien faits, ou pour les étouffer secrètement lorsqu'ils sont difformes”. On n’imagine rien de plus violemment contraire aux sentiments les plus profonds de la nature humaine; et cependant Platon est en plein dans la logique de son sujet. Pour que l’État produise le bonheur, il faut qu'il soit bien ordonné; il ἃ d’autant plus d'ordre qu'il est plus un; il est d’autant plus un qu’il renferme moins de principes de discorde. Et le vrai principe de discorde est dans le mien et le tien ; il est dans la propriété, celle de la femme surtout, à laquelle nous tenons par tant d’attraits divers et si puissantsi. C’est en poussant sa généreuse pensée jusqu’au bout, que l’Homère de la sagesse arrive à la plus triste des utopies.

Les Lois sont plus humaines et plus gaies. Le mariage

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