‹ Platon [microform]Chapitre 244 sur 287 · Id., Lois, IV · texte numérisé non relu

Id., Lois, IV

4. Id.. 1bid., ΝΠ, 788%-v, 793*; Cf. Ibid., V, 730°. 4. 1d., Ibid., VI, 778°.

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ne déborde sur les places publiques 12 La moralité, en pareille matière, n'est-elle pas nécessairement abandonnée à la droiture des individus et à l'éducation ?

Même dans la zone qui lui revient, la loi est loin de

pouvoir tout assouplir à ses formules. Les actions hu-

maines sont variées à l’infini; et par suite, si bien qu'on l'institue, elle ne s'applique jamais d’une manière exacte à tous les cas qui se produisent : il y faut sans cesse le secours de la raison pour en tempérer la rigueur et la réconcilier avec le réel. C’est d'autant plus nécessaire que la vie change à tout moment. Elle change d'elle-même ; car la conscience d’un peuple évolue ?. Elle change aussi, et brusquement parfois, sous l'influence des événements extérieurs : une guerre, une famine, une peste, un dérangement prolongé des saisons, autant de surprises qui suffisent à mettre un gouvernement aux abois ὃ.

Bien plus, la loi, au moment même où elle s’élabore, se trouve aux prises avec un milieu spécial qui en fixe l’esprit et lui assigne des bornes. On ne légifère pas dans l’abstrait; on légifère pour un peuple donné. Et les peuples ne se ressemblent pas : leurs idées et leurs mœurs varient avec le ciel, la chaleur, les eaux, la nature des aliments, la structure et l'exposition du sol ἢ. Par exemple, le trait dominant des Thraces et des Scythes est la vaillance; celui des Grecs, la passion du savoir: celui des Phéniciens et des Égyptiens, l'amour du lucre 5. Impossible, à coup sûr, qu'un législateur digne de ce nom ne tienne pas compte de divergences aussi profondes. Son œuvre na de chances de suc-

. Prat. Lois, VIII, 841°.

. Id. Politic., 294°-295°.

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