‹ Platon [microform]Chapitre 252 sur 287 · Lois, IV · texte numérisé non relu

Lois, IV

voulue pour discerner ce qui importe au bien public et donner un vote compétent; et l’aurait-1l, qu'il ne la prendrait pas, au moins d'ordinaire, comme mobile de sa conduite. Le peuple ne sait pas; et quand il sait, il ne veut pas !. Au fond, c'est l'ignorance et la passion qui mènent la démocratie; et ces deux vices, l’un de l'esprit, l’autre du cœur, y font d'autant plus de ravages qu'elle se fonde en même tempssur l'égalité arithmétique”. Car par là se trouve écarté le contrepoids de la naissance, de la vertu et de la richesse : 51 bien que tout est livré aux caprices et à la jalousie féroce de la foule. En vertu même de la logique de son développement, la démocratie ne peut aboutir qu'au règne des démagogues, ce chœur de « satyres » et de « bêtes fauves » qu'on voit circuler de toutes parts dans les assemblées publiques”.

Restent donc la monarchie et l'aristocratie : c’est entre ces deux dernières formes qu'il faut opter. Platon, dans le Politique, opine pour la première, entendue au sens tempéré que l'on a déjà vu. Mais, dans les Lois, son sentiment parait s'être modifié : ce qu'il y préconise comme l'idéal dont il faut se rapprocher le plus possible, c'est une sorte d’aristocratie où l’on fait à la justice arithmétique certaines concessions, mais où domine pourtant la justice géométrique #.

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