‹ Platon [microform]Chapitre 254 sur 287 · Id., Ibid., V · texte numérisé non relu

Id., Ibid., V

. Id., 1bid., 740b-<, . 1d., Rep., V, 460"; — Lois, V, 740°-741°.

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damnés de la vie sociale, « la mort est le seul remède » :

« les juges et les magistrats qui emploieront à propos

cette dernière ressource, ne pourront que s’acquérir les éloges de toute la cité »!. On sera un peu moins dur envers ceux dont les infirmités physiques sont inguérissables. Mais on ne leur prodiguera pas les secours d'Esculape ; le meilleur est de les abandonner à leur sort et de les laisser mourir : car leur chétive existence a perdu sa signification et pour eux-mêmes et pour l'avenir de la cité’. Aux yeux de la raison, qui est la règle de toutes choses, les forts seuls ont droit à la vie. Paroles bien sévères, mais qui ne laissent pas d’avoir un fond de vérité. Prévenir la souffrance est encore mieux que de la soulager après l'avoir fait naître ; et c’est par une sorte d'épuration continue de la race que l’on y réussit. Nietzsché n'a pas tort de tous points quand 1] proteste contre la manière dont les sociétés chrétiennes ont pratiqué jusqu'ici la vertu de charité; 1l y faut moins de pitié pour l'individu et plus d'égards à l'endroit de l'espèce : 1l y faut plus de discipline.

L'amitié est l’âme de l'organisme social. Pour l’entretenir et l’affermir, il faut instituer des fètes religieuses, des jeux, des danses, des exercices militaires et des banquets. Les citoyens auront ainsi l’occasion de se connaître, de sympathiser entre eux et de nouer des relations amicales : 115 formeront à la longue comme une seule et même famille #. Les banquets ont une importance spéciale; car, outre qu'ils permettent aux citoyens de prendre contact, 1ls peuvent, à certaines conditions, de-

. Id., Rep., II, 407%-410*.

/, un de nos articles intitulé: Za polilique d'Aristote et les Questions d'aujourd'hui (Revue de l'Institut catholique, juillet-août 1903). 4. PLAT., Lois, VI, 771°-772*; VII, 7955 et sqq., 814°-817°; VIII, 828°-831»,

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venir un principe d'éducation morale. Qu'on organise ces réjouissances publiques, que l'on en confie la présidence à des chefs expérimentés; et les convives y trouveront dans l’action de boire avec mesure l'habitude même de la sobriété!.

Mais la garantie la plus forte de la stabilité politique est à coup sûr de ne rien changer aux lois une fois admises?. Ce principe, Platon le maintient constamment avec une force singulière. Il ne faut jamais toucher aux lois relicieuses : elles relèvent d’Apollon et son autorité doit tire: Quant aux autres, il convient de les élaborer avec la plus grande prudence, et même d'y faire des emprunts aux constitutions étrangères, quand la chose parait utile. Mais, lorsqu'elles ont été dûment formulées et votées. le salut de l'État demande qu'on les tienne à 18mais pour immuables . Et cette sévérité ne se borne pas aux choses essentielles ; elle enveloppe tout, depuisla division du territoire, en passant par les règles de l'art, jusqu'aux divertissements publics des enfants : ἢ faut, dès l’âge le plus tendre, apprendre aux citoyens à ne pas innover dans leur conduite 5. L'Égypte, si rigoureusement respectueuse de ses vieilles traditions, voilà le modèle à suivre6. Ce n’est pas, assurément, que l'on puisse considérer la loi comme un idéal. Mais, en pratique, elle est la clef de voûte de l’ordre; et sa force réside principalement

1. Par. Lois, 1, 635° et sqq., 639°-641°, 648r-650°; 11, 665-668?. Platon oublie peut-être ici qu'il y ἃ des plaisirs dont on ne triomphe que par la fuite: mais il faut tenir compte aussi des garanties exterieures dont il entoure l'expérience par lui recommandée : c'est sous la direction dun chef que le buveur apprend en buvant à résister au plaisir de boire, comme on résiste à la peur du danger.

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