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pas au début; il ne vient qu’à la fin, et comme un résultat de l’évolution des choses : ce n'est pas le commencement, ce n’est que le terme’. Et du commencement au terme, l'être ne passe pas tout à fait comme l'a cru Platon. Sans doute, il faut placer à l'origine l'intelligence et l'âme. Mais, au fond, ces deux principes s’identifient; et, parce que celui-ci se meut sans cesse, il est nécessaire aussi que celui-là se meuve et de la même manière *
tout devient, à l'exception peut-être des formes où le devenir se coule. Le fond d'Héraclitisme, enfermé dans la philosophie de Platon, reprend le dessus et menace à nouveau de tout envahir. De la même pensée découle aussi la seconde assertion que Speusippe oppose à son maître. Si le bien ne se produit qu à la fin, l’un demeure
1. ArisrT. Met., Δ, 7, 1072”, 30-34 : ὅσοι δὲ ὑπολαμδάνουσιν, ὥσπερ οἱ Πυθαγόρειοι καὶ Σπεύσιππος, τὸ χάλλιστον où ἄριστον μὴ ἐν ἀρχῇ εἶναι, διὰ τὸ χαὶ τῶν ουτῶν χαὶ τῶν ζῴων τὰς ἀρχὰς αἴτια μὲν εἶναι, τὸ δὲ χαλὸν χαὶ τέλειον ἐν τοῖς ἐχ τούτων, οὖχ ὀρθῶς οἴονται... ; — ALEx. Aphrod., p. 674, éd. Bonitz (MuLLACH, loc. cit., Ὁ. 92", 198); — ARIST., Met., N, 4, 1091$, 30 el 544.; — Ibid., 5, 10922, 9-16; — Cf. RAVAISSON, loc. cil., p. 7 et 544.
9, D'après Speusippe, l’âme du monde est partout diffuse : ἐν ἰδέα τοὺ πάντῃ διαστατοῦ Σπεύσιππος [τὴν οὐσίαν τῆς ψυχῆς ἀφωρίσατο)] (MULLACH, loc. cit., p. 93”, 201); Σπεύσιππος σπάνιόν τι τὸ τίμιον ποιεῖ, τὸ περὶ τὴν τοῦ μέσον χώραν" τὰ δ᾽ ἄκρα χαὶ ἑχατέρωθεν (Ibid., 202); nec multo secus Speusippus Platonem avunculum subsequens et vim quamdam dicens, qua Omnia regantur, eamque animalem, evellere ex animis conatur cognitionem deorum (Cic., De nat. Deor., 1, χαὶ, 32). | ;
Or quel est le mode d'action de cette âme? Elle se développe à la manière des autres êtres vivants, c'est-à-dire comme les plantes et les animaux. C'est donc que l'intelligence qu'elle contient passe aussi du moins au plus, évolue elle-même. D'ailleurs, si l'intelligence qui préside au branle cosmique etaiten acte, elleserait le bien ; mais d’après Speusippe, le bien n’est pas à l'origine, il ne vient qu'à la fin : Σπεύσιππος τὸν νοῦν οὔτε τῷ ἑνὶ οὔτε τῷ ἀγαθῷ τὸν αὐτόν. ἰδιοφυῇ δέ (5108.. Eclog., I) [Diezs, Dox., 808», 3]; — Cf., sur ce point, En. Zezcer, loc. cil., p. 1000, note 3. — D’après notre interprétation, la théorie de Speusippe serait une sorte d'évolutionisme.
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originel. Il faut donc que ces deux choses soient distinctes : elles le sont comme le point de départ et le point d'arrivée dans un stade. Le bien n’est que le mélange de l’un et du plusieurs porté à son plus haut point d’eurythmie par suite d’une ascension graduelle; le mal est ce même mélange à l’état inachevé.
Malgré ces divergences, et si notables que soient quelques-unes d’entre elles, la cosmologie platonicienne continue à tout dominer.
Xénocrate, l'austère et fidèle Xénocrate, en défend avec une sorte de scrupule toutes les thèses principales : la priorité du bien ou parfait, celle aussi de l'intelligence et de l'âme, leur diffusion dans la nature et cependant leur indépendance intégrale à l'égard de la matière?, la théorie de Dieu et des dieux, l'immortalité des âmes particulières englobant jusqu'à leurs « puissances irratiornelles »*; on se demande même si, sur quelques-uns de ces points, 1l n'exagère pas dans le sens dogmatique. Xénocrate affirme, il est vrai, que le monde n'a pas eu de commencement; et cette assertion semble contraire aux expressions du Timée. Mais il ἃ soin de nous dire que, sur ce sujet comme sur beaucoup d’autres, le Timée doit s'entendre au sens mythique et que Platon, sous des procédés grossissants, y soutient en fait l'éternité du cosmos. Or il y ἃ des chances pour que son interprétation soit Juste, comme on l’a déjà vu dans le cours