‹ Platon [microform]Chapitre 36 sur 287 · ΤᾺ» AT · texte numérisé non relu

ΤᾺ» AT

| Belle est la voûte du ciel et magnifique l'har-

este; cependant, comme il ne s'agit et visibles, un astronome

éternelles monie qui s'y manif ici que de phénomènes matériels avisé ne s’imaginera jamais que les rapports des astres sont d’une exactitude parfaite, qu'ils échappent à tout changement et que par suite ils portent en eux-mêmes aison d’être ?. Ainsi du musicien, lorsque

leur véritable r l'abus de la technique n'a pas oblitéré son sens naturel :

derrière les sons qui charmens ses oreilles, il aperçoit

des proportions numériques qui résonnent encore, Mals

pour son Ame seulement, et qui ne souffrent ni défaut ni

défaillance *.

Les diverses sciences sont comme des « degrés ou bases d’élan », à l’aide desquels nous nous approchons de la ralson suprême des choses *; mais cette raison, elles ne la fournissent pas : leur fondement n'est encore qu'hypothétique. L'arithmétique, par exemple, part du concept de nombre ou de tel nombre pour en tirer des conséquences plus ou

moins rigoureuses; et, dans la suite de ses opérations, elle emploie toute une série de principes logiques. Mais ces données. elle ne les contrôle pas; ces principes, à la lumière desquels elle s'avance, elle n’a nul souci de les établir ou d'en chercher les fondements. Analogue est la marche de la géométrie, de l'astronomie et de la musique ©. Par là même, toutes ces sciencès tiennent pour expliqué ce qui ne l'est pas de fait et laissent notre esprit comme en suspens. Il faut donc qu'il y ait un art supérieur qui nous permette de pénétrer plus avant dans le mystère des choses, qui nous délivre peu à peu du conditionnel et nous jette enfin en présence de la cause des causes ou de

. PLarT., Rep., VIE, 527”.

2, Id., 1bid., 529°-530°.

. Id., Ibid., 530%-531°.

. Id., Ibid., VI, 511° : Οἷον ἐπιδάσεις τε χαὶ ὁρμάς... . Id. 1bid., VI, 510°-511° ; VII, 533°-534".

«de has. Ré ape Trés κα

CAS et CURE et

LA MÉTHODE. μ

l'absolu. Cet art souverain et qui fait de l’homme une sorte de dieu, c’est la dialectique !.

En quoi consiste-t-elle au juste? La question est moins facile à résoudre.

Considérée comme science, la dialectique n’est pas autre chose, croyons-nous, que la philosophie des premiers principes ou philosophie première; il y a, sur ce point, de très grandes analogies entre Platon et Aristote?. Mais la difficulté principale n’est pas là. Il s’agit surtout de savoir si la dialectique, considérée comme moyen de recherche, constitue une méthode à part ou se ramène de quelque manière aux deux précédentes. Or il semble bien que l’on doive, avec Ed. Zeller, se prononcer pour le second terme de cette alternative 8. Comme on le verra plus loin, c’est par une analyse plus pénétrante que Platon passe des concepts socratiques à la subsistance des idées; et c'est par une induction supérieure qu’il s'élève de la multiplicité des idées à leur unité dans l’être et le bien. Ce dernier point de notre interprétation s'appuie d'ailleurs sur un texte de l’auteur lui-même. Après avoir examiné la manière dont les différentes sciences redressent et purifient

1. PLaT., Rep., VI, 510? : To δ᾽ αὖ ἕτερον [ἡ Ψυχὴ] ἐπ’ ἀρχὴν av

ὑποθέσεως ἰοῦσα χαὶ ἄνευ τῶν περὶ ἐχεῖνο εἰχόνων, αὐτοῖς εἴδεσι μέθοδον ποιουμένη. — Ibid., VI, 511b<; ὙΠ, 532°-533°, ὅϑάδ͵

Dans le Ménon (752) et dans le Cratyle (390°), la dialectique est l'art d’interroger et de répondre, par opposition à l’éristique. Dans l’Euthydème (290°), dont la date d'apparition est assez tardive, comme le remarque Gomperz (loc. cit., p. 433), elle devient déjà une science dominatrice qui s'ajoute aux autres pour y découvrir les rapports plus profonds que les spécialistes n’y cherchent pas. C'est ce dernier sens qui s’accuse avec tant de force et d'éclat dans la République; et il reparaît vers la fin du Philèbe (57°-58*). D'après le Sophiste (253-09), la dialectique s’étend à toutes les idées : c’est l'art d'en déméler, et sans autre but, les emboitements essentiels ; elle a donc, dans ce dialogue, une acception plus large et un but moins précis que dans l’Euthydème, la République et le Philèbe. On lui donne ici le sens qu'ont fixé ces trois derniers ouvrages.

Page 1