‹ Platon [microform]Chapitre 45 sur 287 · et sqq · texte numérisé non relu

et sqq

et les Praxitèle ont su représenter avec tant d'éclat. Puis, on passe, en franchissant l’étape supérieure, del’amour de la beauté physique jusqu’à celui de la beauté de l’âme où brillent déjà la science et la sainteté; et de là, par un nouvel élan, jusqu’à l’amour de la beauté en soi, de ce principe éternel et immuable, sans ombre ni déclin, d’où découle tout ce que la nature renferme de grâce, de noblesse et d'harmonie. Il se produit alors une sorte d’enthousiasme qui pénètre en vainqueur au fond même de notre âme, qui la délivre des goûts vulgaires et la fixe dans le vrai, cet autre nom du beau !.

Mais Platon ne s’en tient pas longtemps à cette solution tout esthétique ; il s'aperçoit assez vite que le bon usase de la méthode requiert certaines conditions qu'il n'a pas vues dès l’abord : au septième livre de la République, il donne une explication nouvelle et qui dénote un progrès considérable dans sa connaissance du cœur humain.

La science, pleinement conquise, suffit encore à notre rédemption; c’est assez d’être parvenu jusqu’à la contemplation « de l'être et de la partie la plus brillante de l'être » qui est « le bien », pour aimer la vérité d’un amour indéfectible et souverain. Mais comment élever l’homme vers la science? Comment l'habituer, non seulement à supporter la lumière de « l’être », mais encore à s’y complaire tout entier? il y a là une œuvre où l'induction

et l'analyse et la contrainte par l'absurde sont également

impuissantes. Le dialecticien ne réussit à convaincre que

celui qui veut être convaincu ; et, généralement, on ne veut pas l'être.

Sans doute, chacun de nous ἃ ce qu’il faut, du côté de l'intelligence, pour percevoir la vérité?. On en a comme preuve « ces petites âmes » qui se traînent dans le plai-

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