‹ Platon [microform]Chapitre 78 sur 287 · Id., Rep., VI, 504° : ἀτελὲς γὰρ οὐδὲν οὐδενὸς μέτρον · texte numérisé non relu

Id., Rep., VI, 504° : ἀτελὲς γὰρ οὐδὲν οὐδενὸς μέτρον

attention : 1] est peut-être la plus grande des nombreuses difficultés que présente l'interprétation du Platonisme. « Les Pythagoriciens, dit Aristote, enseignent que les êtres sont une imitation des nombres. Platon emploie le mot participation, qui est de lui. Mais que signifie au juste la participation ou l’imitation? c’est un problème qu'ils ont laissé à débattre 1. »

On peut dire d'abord que les idées sont « séparées » des choses sensibles. Si le terme est d’Aristote, la pensée qu'il éveille est de Platon : elle ressort des preuves sur lesquelles 1l établit la croyance aux idées.

Toute idée est une; tandis que les objets sensibles qui forment sa zone d'extension, sont multiples à l'infini. Toute idée est immuable et dans son essence et dans son existence et dans ses propriétés et dans ses modes, si dérivés qu'ils soient : elle exclut de son être jusqu’à la plus légère atteinte du devenir ; tandis que le propre des objets sensibles, c'est de se modifier à chaque instant et même de naître et de périr. Toute idée est parfaite en son genre; 1] n'existe, au contraire, dans la nature sensible, que des êtres mélangés et imparfaits. Et dès lors, comment soutenir que l'intelligible est immanent aux données de l’expérience? Ne serait-ce pas affirmer du même coup que ce qui est un par essence peut se fragmenter et comme tel, que l’immuable admet le mouvement, et le parfait, l’imperfection ? La transcendance des idées est un corollaire de leur définition.

Il n’est pas même nécessaire de faire ici des inférences. Platon s’est exprimé à ce sujet d’une manière suffisamment formelle. D'après l’'Euthydème?, le beau est « à côté » des choses belles. On trouve la même manière de

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