Id., Lois, X, 893c
vienne en temps opportun!. Quoi de plus étonnant, par exemple, que le désir de la génération, cet amour immortel de l’immortalité dans la beauté, que la nature inspire aux individus, afin d'assurer la permanence des espèces?! Le monde éclate de mesure, d'harmonie et de
proportions bien prises.
Il n’est pas même besoin de recourir, dans le cas donné, à cette série d'observations; c'est assez d’une remarque pour montrer l'insuffisance du mécanisme. Chaque ètre individuel est un mélange qui renferme à la fois de la terre, de l’eau, de l'air et du feu : chaque être individuel comprend certaines parcelles des quatre corps: il doit donc avoir une force interne qui contrarie leur élan naturel et les retient comme emprisonnées. Que peut être cette force? sinon d'ordre hypermécanique 8.
Une considération plus foncière encore, c’est que la matière, même pourvue d’une âme qui la meut, ne peut exister sans l’addition de quelque autre chose qui la complète. Platon la grossit parfois au point d'en faire une substance qui agit déjà antérieurement à toute finalité. Mais ce nest là qu'un artifice d'exposition, qui consiste à présenter comme concret ce qui n'est encore qu'un aspect logique du concret. En fait, et lorsqu'on abandonne le langage mythique pour parler celui de la science, la matière n'est plus qu'une abstraction. Le mouvement dont elle se revêt ne souffre ni trêve ni mesure; il n’a donc ni qualité n1 quantité définies il n’existe pas, faute d’être déterminé#; et la matière elle-même n’est, de son chef, qu'un être de raison.
Π faut de rigueur que, pour former une nature, la ma-
{. PLAT., Phileb., 262+<, 2. Id., Bang., 207*-208°.
ὃ. Id., Phileb., 29°-31*.