PLAT., Tim., 54d-e, 3. 1d., 1bid., 55v
Voilà, nous semble-t-il, ce qui résulte du Timée. La musique est la reine du ciel, et parce qu’elle est d’abord la reine de l’hyperciel. Tout se conforme à ses lois : l'âme du monde, les distances des sphères, la proportion des quatre corpsetles figures géométriques qui les informent; la nature est une lyre vivante qui joue un hymne éternel à la splendeur de l’Étre. Et cette doctrine n’apparait pas ici pour la première fois; elle hantait l'esprit de Platon bien avant la composition du 7?mée : on en trouve déjà l’idée fondamentale dans la République. Au troisième livre de ce long ouvrage, l’auteur parle du rythme et de l'harmonie. Il observe qu’ils constituent le caractère dominant des beaux-arts; puis il ajoute : « La nature des corps et celle des plantes en sont pleines aussi !. » Platon a toujours compris le monde en musicien; sa pensée à cet égard n'a fait que se préciser avec le temps. ᾿
Les notions d'infini et de fini une fois données, on voit mieux les rapports que soutiennent entre eux ces principes essentiels de tout être en devenir.
Puisque les idées ont une existence transcendante, ce ne sont pas elles qui se mêlent aux choses sensibles pour en être la forme ; et l’on peut dire, dans ce sens, que le fini est « séparé » de l’infini. Mais, 51 les idées ne se mêlent pas aux choses sensibles, elles s’y reflètent de quelque manière : la nature en est une image périssable. Et l’on peut dire, sous cet autre rapport, que le fini est immanent à l'infini.
C'est cette seconde acception qui frappe Aristote et il s’en contente. À quoi servent les idées? dit-il. Qu'il y ait un Socrate éternel ou qu'il n'y en ait pas, Socrate ne