‹ Platon [microform]Chapitre 96 sur 287 · ἔστι dé γέ που πλήρης μὲν γραφιχὴ αὐτῶν [ ῦ καὶ ὁ · texte numérisé non relu

ἔστι dé γέ που πλήρης μὲν γραφιχὴ αὐτῶν [ ῦ καὶ ὁ

— V.aussi plus haut, p. 80-82.

demeure pas moins possible; et 1] ne naïtra pas moins, si par ailleurs 1l doit naître; car il n'a point pour cause efficiente un acte pur, mais bien une substance qui est, comme lui, sujette à la loi de contrariété : « l’homme engendre l'homme ». C’est assez, pour expliquer les choses, du « fini » qui va de la puissance à l'acte ou de l'acte à la puissance, et que la matière conserve toujours de

quelque manière dans ses éternelles virtualités. Le « fini »

d'imitation suffit; le modèle est inutilei.

De plus, le fini, au second sens du mot, n'est pas seulement inhérent à l'infini, d’après la pensée de Platon,

mais encore il en procède, comme d’une source éternelle,

sous l'influence du désir qu'inspire à l'âme du monde le spectacle de l'intelligible. Le Démiurge plaça dans cette ame « de la substance indivisible et toujours la même »; il l'admit à la contemplation des essences éternelles et parfaites. Puis il l’épandit partout, du milieu jusqu'aux extrémités de l’univers, afin que, sollicitée et réglée par

son divin modèle, elle introduisit partout la mesure, l'ordre et la proportion. C'est du dedans que l'infini se dé-

9 3.5 A : δ termine et se façonne; c'est du dedans qu'il s'élève à

l'excellence du fini.

En troisième lieu, le fini n'exerce pas Sur J'infini un empire intégral; 1] n'obtient à son endroit qu’une moitié de victoire. Son rôle n’est pas d'arrêter le flux des choses sensibles: il ne fait que le régler. La nature est vie el cesser un seul instant de se mouvoir. Mais, par le fini intervient, il apporte dans ce cours pertion. Il en est à peu près

ne peut

fait que le pétuel la mesure et la propor comme d’une fontaine qu’alimente un torrent impétueux et

dont les divers orifices bien harmonisés ne donnent pourtant au public que la quantité d'eau convenable.

1. AnisT., Met., À,9, 991°, 3-4; M, 5, 1080*, 2-3; 1079°, 27-30; Z, 8, 1033",

Le fini et l'infini : tels sont les principes constitutifs de l'être qui devient. Il faut expliquer maintenant par quelle série de combinaisons le monde en est sorti.

Le monde est fait à l’image des intelligibles : 1] imite le plus possible leur suprême harmonie. Le divers s'y ramène donc au mème, comme en eux : il est unique, comme son divin modèle. Le Démiurge « n'en a fait ni plusieurs ni une quantité infinie; il n'a fait que celui-là, et il n’y en aura pas d’autres »!. Par suite, c'est rêver à la manière d’un enfant? que d'imaginer, au delà du système cosmique dont nous faisons partie, d’autres étoiles et d’autres planètes, des mondes qui naissent et des mondes qui meurent; cet univers comprend tout ce qui est et tout ce qui peut être. Au delà, il n'existe ni terre, ni eau, ni air, ni feu, ni aucun autre principe d'énergie, ni aucune autre parcelle de matière, si infime qu’elle soit. Au delà, il n’y a rien : c'est la solitude infinie qui commence”.

En second lieu, le monde est sphérique. Il convenait qu’il eût la forme la plus belle, celle « qui est la plus semblable à elle-même », qui s'éloigne le plus du divers et reproduit avec le moins d’imperfection possible l'intégrale unité des essences. Ainsi le voulait également le rôle du monde à l'égard de ses parties : « la forme la mieux appropriée au vivant qui devait contenir tous les autres vivants, ne pouvait être que celle qui enclôt en elle-même toutes les autres formes“ ». Pourquoi d’ailleurs

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