LA MORALE DES CYNIQUES
de tels adversaires, de descendre à ce niveau où la satire mordante, souvent grossière du cynisme, contraste avec l'ironie calme et sereine de l'auteur des Dialogues. On a pourtant signalé, dans le Philèbe^ un passage où l'on peut reconnaître le rejet motivé de la morale qui proscrit le plaisir comme faisant partie intégrante du bien et une allusion à la morale d'Antisthène. « Quelqu'un de vous voudrait-il vivre ayant en partage toute la sagesse, l'intelligence, la science, lam.émoire qu'on peut avoir, à condition de ne ressentir aucun plaisir ni petit ni grand et qui n'éprouverait absolument aucun sentiment de ce genre? [Philèbe.)
Un autre passage (ibid,^ 497) contient, avec la critique, réloge du caractère. « Quels sont ces gens d'un naturel généreux remplis d'une forte aversion pour tout ce qui porte le caractère du plaisir et persuadés qu'il n'y a rien de bon en lui? » Ceci ne s'applique pas mal à Antisthène et aux Cyniques, dont Platon doit préférer le caractère à celui d'Aristippe et des sophistes, sans approuver sa doctrine et le genre de vie si différents de ceux de notre philosophe.