LES BASES DE LA MORALE PLATONICIENNE
I. L'idée du bien, idée fondamentale; son application à l'ordre moral comme règle de la vie humaine, privée et sociale. — IL Le bonheur, son rapport avec le bien. — Distinction des deux idées. — Leur accord nécessaire. — Comparaison avec la morale socratique. — Le progrès du platonisme. — III. Détermination de l'idée du bien: sa définition. — Idées qui s'y rattachent: idée du juste, du beau, du vrai, du saint, de l'utile. — Leur rapport avec l'idée première. — Critique de l'opinion qui fait du beau le principe ou le terme final de la morale de Platon. — IV. Du souverain bien dans la vie hnmaine (le Philèbe). — Éléments dont il se compose. — Leur subordination. — Conclusion.
I. — Le principe sur lequel repose toute la morale platonicienne, on le sait déjà par tout ce qui précède, est Vidée du hieiiy l'idée souveraine. Placée au sommet de la dialectique, présente au début et à toutes les parties de la physique, personnifiée en Dieu, Têtre parfait, la suprême idée, elle est aussi la base de tout l'édifice moral et social. En ce qui est de la morale proprement dite, déjà la réfutation des faux systèmes qui la contredisent, ou l'altèrent et la défigurent, nous a, par voie indirecte, conduits à ce résultat. La dialectique, dans sa tâche destructive ou négative, a eu pour objet de la dégager et de la préparer. C'est le côté positif de toute cette critique, préambule nécessaire de la théorie.
Cette idée est connue. Il n'y a pas à revenir sur ce qu'elle est, ni sur les problèmes qui s'y rattachent, mais à montrer comment, de la sphère spéculative passant dans celle de l'action, elle est appelée à devenir la règle de toute la conduite