‹ Platon, sa philosophie; précédée dun aperçu de sa vie et de ses écritsChapitre 110 sur 168 · SANCTION DE LA MORALE : L'EXPIATION · texte numérisé non relu

SANCTION DE LA MORALE : L'EXPIATION

sont les vrais plaisirs sont ceux de la partie haute de l'âme, celle qui est en commerce avec la vertu [Rép.^ IX).

III. Le mérite et le démérite. Sanction de la morale. L'expiation. — La théorie du mérite et du démérite chez Platon est plutôt implicite qu'explicite. Elle n'est pas, comme elle devrait l'être, nettement formulée ni rattachée à son vrai principe, le libre arbitre, la liberté morale, le point faible du système. Mais la sanction morale est partout, comme on l'a vu pour ridée de la justice, hautement proclamée et enseignée. La vraie théorie est celle de l'expiation ou de la peine.

Le principe est que, si le bonheur est uni à la vertu par un lien nécessaire, le malheur l'est aussi à l'injustice ou au mal. Il Test des deux manières : 1" comme conséquence nécessaire du mal ; S'' mais la douleur a un autre rôle; elle n'est pas moins nécessaire comme expiatio?i, c'est-à-dire comme dette à payer à la justice absolue; 3° elle l'est également comme condition du retour au bien chez celui qui s'est rendu coupable. C'est pour lui le seul moyen de rentrer en grâce avec la loi, d'effacer la faute, de se délivrer du mal et de se purifier. De là l'idée du châtiment ou de la peine^ telle que le moraliste doit l'envisager, c'est-à-dire selon son essence. Ce point est capital; on doit s'y arrêter.

La punition, nous dit Platon [ibid.), a pour effet d'abord de payer une dette à la justice absolue, et par là elle est dans l'ordre éternel des choses. De plus, elle a pour effet la réintégration du coupable dans l'ordre dont il s'est écarté. C'est à la fois un tribut payé à l'ordre et une réhabilitation, une purification que la peine opère, la délivrance du mal dont l'âme est atteinte, sa guérison. Aussi est-elle dans l'iatérêt du coupable lui-même. La persévérance dans le mal est le sceau mis à la perversité. Un bonheur apparent au sein de l'impunité, cette prospérité trompeuse est le plus grand des maux.

Le moraliste emploie pour exprimer ses idées les expressions les plus fortes ^ 11 exagère même, car il en conclut que le coupable, loin de vouloir éviter le châtiment, doit aller

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